Les ONG occidentales sont-elles conduites à la paralysie opérationnelle ?

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Prises malgré elles, – ou parties prenantes pour certaines – dans la rhétorique du choc des civilisations, les ONG occidentales seront-elles à court terme conduites à la paralysie opérationnelle ? La question peut paraître incongrue, dérangeante, agaçante ou pertinente, c’est selon… Il n’en demeure pas moins qu’elle s’impose aux acteurs de la solidarité internationale chaque jour d’avantage : les organisations non-gouvernementales, originaires des pays occidentaux, ont-elles encore la capacité à agir sur tous les terrains de crise ?

Les raisons qui peuvent aboutir à leur incapacité peuvent en effet être multiples : les conditions climatiques, les défis logistiques majeurs pour acheminer l’aide, une insécurité notoire liée à des conditions pouvant mettre en péril la vie des volontaires… Sur ce dernier point, les travaux d’Abby Stoddard1 sur la décennie 1998-2008 ont apporté d’intéressantes informations qualitatives et quantitatives sur les pays, les modalités et mobiles de la violence qui s’exprime parfois sur certains terrains de crises complexes à l’égard du personnel humanitaire. Globalement, et sur les principaux terrains pourvoyeurs d’insécurité (Afghanistan, Somalie, Soudan, Tchad, Irak…), la prévalence d’une violence délibérée a doublé durant la décennie étudiée, passant de 4 à 8 décès pour 10 000 personnels par an. La place des mobiles politiques progresse pour expliquer cette recrudescence d’insécurité. On ne peut s’empêcher de constater la part croissante que prend aussi la radicalisation de la question religieuse dans certains conflits internationaux ou intra-étatiques.

Ce qui semble donner raison à Samuel Huntington et à ses thèses sur le « Choc des civilisations » doit cependant conduire à la prudence dans les interprétations. Dans le cas contraire, on s’exposerait au risque de réduire les relations internationales à un exercice qui « essentialiserait» la question religieuse. Si Georges Corm, homme politique et historien libanais, nous encourage à analyser les crises complexes dans ce qu’il appelle une « politologie multifactorielle »2, il n’en demeure pas moins que cette question religieuse s’impose aujourd’hui de façon indubitable aux intervenants humanitaires comme l’un des mécanismes de la violence sur le terrain.
Dès lors, les ONG internationales, largement dominées par des organisations dont les sièges, comme les financements (Union Européenne, USAID, DFATD, DFID…) sont principalement issus des pays occidentaux, sont-elles condamnées – pour cause d’une insécurité motivée par leur ancrage à des pays majoritairement chrétiens – à ne plus pouvoir se déployer ? En Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger, en Centrafrique, les ONG occidentales sont-elles ainsi bloquées dans leurs capacités à se déplacer et à intervenir parce que ces terrains seraient l’expression de tensions religieuses ?

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