Au théâtre : « La jaguar et l’éléphant » ou la comédie onusienne…

0
Roberto Garcia
Roberto Garcia

« La jaguar et l’éléphant » est une pièce de théâtre écrite par Roberto Garcia, adaptée et mise en scène par Benoît Guibert. En avant-première, avant même que le rideau ne se lève, Roberto Garcia nous livre l’histoire de la pièce et son histoire personnelle, intimement liées. Ou quand l’auteur parle de lui à la troisième personne, par pudeur… La pièce « La jaguar et l’éléphant » débutera sa “carrière” à l’automne prochain.

La ‘grande histoire’

Roberto Garcia débute sa carrière dans le privé. Après quelques années passées dans la promotion du tourisme responsable, il crée et dirige une société d’organisation de séminaires de motivation pour les cadres supérieurs des différents secteurs de l’industrie et du commerce. A l’aube de la trentaine, grâce à sa solide formation d’économiste et fort de l’expérience acquise dans ses contacts avec les pays en développement, sa vocation pour l’action humanitaire lui apparaît clairement.

Sa première mission dans l’aide au développement se déroule en 1994 en Guinée. Depuis cette date, Roberto Garcia n’a cessé de parcourir le globe, entre l’Afrique et l’Asie pour coordonner, diriger ou encore évaluer des projets de développement, notamment dans le domaine de la santé, avec la société civile et les organisations internationales (Union Européenne, le Fond Mondial, le PNUD, l’OMS, ONUSIDA…). Au cours de ces années, sa réputation est surtout celle d’un acteur efficace qui gère des programmes complexes et qui ne craint pas de faire bouger les lignes en combattant les lourdeurs administratives pour faire avancer les choses. Il est aujourd’hui consultant international et directeur de sa société de conseils (HMSTeam – Health Management Support Team) pour différents bailleurs de Fonds.

Le tournant…

En 2008, alors que Roberto doit prendre un nouveau poste au Caire comme responsable régional santé pour l’ONU, éclate un supposé scandale de blanchiment d’argent lié à des sociétés contractées dans le cadre d’un projet dont il était le coordonnateur en Afrique quelques années auparavant. Il est immédiatement soupçonné, à tort, par Scotland Yard, d’être mêlé à ces supposées malversations. Bien qu’ayant été toujours évalué élogieusement par ses employeurs pour ses missions passées, tant sur le plan de l’efficacité que sur celui de son intégrité, l’organisation va tout de même rompre le contrat qui devait le conduire à son nouveau poste, sans autre explication. Roberto décide alors d’attaquer son employeur auprès du tribunal de justice de l’ONU, procès qu’il vient de gagner et pour lequel il a été indemnisé et totalement blanchi.

Mais après l’épreuve, il fallait transformer de manière constructive cette histoire pour le moins singulière et raconter les coulisses de cette nébuleuse des cols blancs de l’humanitaire sans pour autant cracher dans la soupe. Car lui aussi sillonne régulièrement les rizières cambodgiennes et les villages togolais en 4×4 climatisé. Lui aussi connaît les hôtesses des classes affaires d’Emirates et tutoie le réceptionniste du Four Seasons de Genève. Depuis plus de quinze ans, il est l’un d’entre eux !

Raconter à un public large les coulisses du développement
à travers des expressions artistiques devient une évidence

C’est alors que débute l’aventure, par l’écriture. « J’avais envie de raconter cet univers à un public large, sans misérabilisme, sans cette fausse compassion que nous renvoient si souvent les ondes, raconter avec légèreté et humour les avatars des technocrates, sans oublier la gravité des situations qu’ils ont la charge de résoudre. Montrer que même avec les meilleures intentions du monde, l’excès de zèle peut conduire à des erreurs, parfois criminelles. Mais dire aussi, que l’assistance aux pays du Sud par l’ONU – toute dysfonctionnelle et cynique qu’elle puisse être parfois – est nécessaire et reste plus que jamais indispensable. »

Roberto vient de créer Humanshow.biz, une association destinée à promouvoir le monde de l’humanitaire et du développement international auprès du grand public, des institutions et associations à travers des expressions artistiques. Humanshow.biz a également pour objectif de tisser des liens avec d’autres organisations en France et à l’étranger.

L’écrit avant la parole et le geste

Le premier roman/fiction « Un éléphant dans une chaussette » (déjà disponible en précommande sur amazone) inspiré de cette histoire, paraîtra le 3 octobre prochain en partenariat avec les Editions Etoiles, Publisud et Humanshow.biz. C’est le tome 1 d’une trilogie en cours de rédaction, qu’il écrit avec son complice Pierre Gillette.

Mais Roberto veut aller plus loin. Pourquoi pas le théâtre, des films et documentaires, une bande dessinée, l’organisation de colloques ?

Quand Roberto Garcia rencontre Benoit Guibert

“La jaguar et l’éléphant” est née d’une rencontre avec Benoit Guibert, acteur, metteur en scène et auteur dramatique qui a adapté et mise en scène le roman. Deux avant premières de ce spectacle, intitulé La jaguar et l’éléphant : comédie onusienne ont été présentées le 19 juin dernier aux cours Florent. Le spectacle a reçu un excellent accueil. « Nous voulons maintenant produire cette pièce à Paris, Genève et Bruxelles dans un premier temps et bien sûr à l’international dans le cadre des alliances françaises entre autres. Nous recherchons des théâtres qui seraient disposés à programmer la première comédie onusienne. Quelques subventions seraient également les bienvenues ! Nous organiserons lors de chaque première, un débat sur la « transparence dans le monde de l’humanitaire ».

Il est important de noter que Roberto qui aime aller au bout des choses vient de terminer sa troisième année aux cours Florent et qu’il joue dans la pièce le rôle de Patrick Roméro. Le casting est composé de comédiens professionnels talentueux, Jérôme Dupleix, Verena Gros, Olivier Dote Doevi, Julie Lavergne, Hugo Horsin.

Une comédie donc très ‘onusienne’…

Mais que fait Patrick Roméro, un quadra flamboyant, à Kinshasa, dans le monde de l’humanitaire international ? Il vient diriger le méga programme de santé d’une agence des Nations Unies dans la République Démocratique du Congo des années 2000. Autant dire un pays grand comme l’Europe de l’Ouest dévasté par le conflit le plus meurtrier depuis la seconde guerre mondiale et souffrant des grandes pandémies qui déciment de manière récurrente les populations africaines.

Et le gros paquet de 200 millions de dollars de ce programme de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, il veut le gérer à la manière d’un chef d’entreprise. Il se lance à l’assaut du pachyderme onusien. Il monte une équipe opérationnelle ad hoc, lance une guérilla contre les sacro-saintes procédures paralysantes et se bat pour faire passer sa stratégie innovante au forceps.

Mais, peut-on rouler en Jaguar et aider sincèrement des pauvres ? L’aide internationale, y croit-il, ou en croque t-il ? Paul Harrisson, un jeune officier de police formé à la lutte contre la fraude financière internationale en est persuadé : il en croque. Et il le traque.

Harrison déclenche une paranoïa générale, déstabilise l’ONU. Le colosse aux pieds d’argile résiste puis finit par remettre le disque dur de l’ordinateur de Roméro à la police. Son immunité diplomatique perdue, Roméro est pris dans les mailles du filet des soupçons et de l’exigence irraisonnée de la transparence. La machine judiciaire une fois lancée, paralyse la stratégie lancée par Roméro. La distribution des médicaments est interrompue jusqu’à nouvel ordre. Quant aux malades congolais, ils attendront…

A l’heure de Wikileaks, de Fox news et de Mediapart, les grands pontes de l’humanitaire ont des sueurs froides dans leurs costumes Armani au moindre tweet accusateur. Une rumeur de malversation et ils stoppent la machine, bloquent les dollars. Tant pis pour les victimes des guerres civiles, des génocides et des catastrophes naturelles, tant pis pour les petits tuberculeux et les mères séropositives et tant mieux pour leur passage au grade P5.

Pour autant, faut-il tuer l’ONU et sa bureaucratie aussi légendaires que tentaculaires ? Doit-on brûler Patrick Roméro pour ses pratiques efficaces mais pas très orthodoxes ? La jaguar et l’éléphant, comédie onusienne, c’est aussi des pintes de réflexion à déguster en chantant “We are the world”, main dans la main avec tous ceux qui rêvent d’un monde meilleur.

Note d’intention, d’adaptation
et de mis en scène (Benoît Guibert)

L’Histoire commence au moment où, déchu, l’ange de Kinshasa Patrick Roméro rumine et ressasse ses désillusions dans un laisser-aller dépressif et fortement alcoolisé. Accablé par son face à face avec la machinerie policière, Roméro sombre dans une sorte de mégalomanie dépressive. Il revit en songe les souvenirs de sa prime jeunesse. C’est le moment précis où, à son propre insu, quelque chose en lui complote l’écriture du roman de ses mésaventures dans la nébuleuse de l’ONU. Il va « revenir » sur les événements, avec l’obsession névrotique de ne rien omettre, et avec la fantaisie de sa subjectivité appelée ici « théâtre ». Car au terme d’un recensement des moyens du bord, nous avons trouvé la comédie (confinant parfois au burlesque), la danse, les claquettes et des chansons… Un bar peut se muer en cabaret, pourquoi se priver ?

Qui est là ? Autour de Roméro ? Les personnages de la réalité, d’abord : sa femme Isabella, un barman et un pianiste de bar. Mais aussi, venant du fond du verre, Carlotta, la collègue et amie du sérail qui, bien innocemment, l’a fourré dans ce guêpier. Bonaventure enfin, l’ami d’enfance Béninois avec qui il parcourait les villages de brousse à la recherche de sensations fortes dans le pays du Vaudou (à l’époque ou Patrick adolescent et fils d’expatrié ONUSIEN résidait à Cotonou). C’est Bonaventure, le fantôme avide et impatient qui livre le récit de cette histoire.

Dans le rêve éveillé de Roméro, ils emprunteront tour à tour les figures, réelles ou imaginaires, importantes ou subalternes, rencontrées au cours de ses péripéties congolaises : Ismaïl Diallo, le Résident de l’ONU à Kinshasa, un journaliste, une hôtesse de l’air, un bonimenteur, les « Mister No » de New-York, des collègues de Roméro et Carlotta… Et, last but not least, l’adversaire, bien entendu, l’empêcheur « d’humanitariser » en rond, le flic de Scotland Yard, le chantre de la transparence : Paul Harrison, sous les traits du barman, qui s’emploiera à cuisiner Roméro, au cours de deux interrogatoires serrés.

Alors une approximation… Eh oui. Mais hautement revendiquée, car pour ne pas être réduit à subir les contraintes inhérentes au théâtre, il faut en faire une force. Ici, l’adaptation et la mise en scène se sont quasi confondues en un seul geste. Il s’agissait aussi, artistiquement cette fois, de faire entrer « un éléphant dans une chaussette ». Autrement dit, le monde dans l’étroitesse de la petite scène du théâtre, et une multitude de personnages dans le tout petit nombre des acteurs. Petite troupe, donc, mais fervente et convaincue de la capacité du théâtre à convoquer et figurer le monde entier sur quelques mètres carrés.

Demandez le programme !

Contacts :

Roberto Garcia
+33 (0)633635223
humanshowbiz@gmail.com – roberto.garcia@hmsteam.org

Benoit Guibert
+33 (0) 609507347 – musiqueguibert@gmail.com

LAISSER UN COMMENTAIRE

Ajoutez votre commentaire !
Votre Nom