Aide et transparence : la France bonne élève

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La traçabilité de l’aide française au Mali est dorénavant une réalité. Depuis le 31 janvier, les citoyens maliens et français, les responsables politiques, les ONG ont accès à une nouvelle version du site sur la transparence de l’aide au Mali. Cet outil permet de suivre la mise en place des projets de développement et d’urgence humanitaire financés par Paris dans le pays. Très concrètement le décaissement des fonds et la réalisation des projets…

Un premier site avait été réalisé en septembre. Mais il n’était pas conforme aux standards internationaux en matière de transparence/flux et suivi d’aides-dons. Il a fallu seulement cinq mois pour corriger le tir. Une deuxième version est née depuis le 31 janvier…

En deux mots : les projets sont désormais bien explicités, et ce dans une base donnée ouverte. Sur le site, n’importe qui peut suivre l’avancée d’une cinquantaine de projets au Mali, décortiquer le budget, examiner la finalité du projet, s’informer sur les partenaires etc. Chaque Malien, chaque Français etc. peut faire cette veille citoyenne. Vers une plate-forme beaucoup plus large…Le gouvernement français a pris langue avec les Pays-Bas…

L’idée ? Fusionner les données sur les aides française et néerlandaise. A terme – mais quand ? fusionner l’ensemble des données des bailleurs tels que l’Union européenne et la Banque mondiale. Immense chantier, mais pas utopique car le besoin de transparence s’affirme aujourd’hui. Cette transparence est une garantie de l’efficacité de l’aide. Le constat est clair : par le passé, au cours des dernières décennies, l’opacité a régné. Maintenant nous parlons ici du Mali et du Mali seul… C’est une première étape.

La volonté clairement affichée par le ministre Pascal Canfin est d’étendre cette transparence aux seize pays les plus pauvres de l’espace africain. La norme internationale, largement utilisée par les bailleurs de fonds internationaux (Banque mondiale, Commission européenne, Royaume-Uni, etc.) doit donc être étendue, d’ici à la fin de l’année 2014, aux seize autres pays prioritaires à l’aide publique française (Bénin, Burkina Faso, Burundi, République centrafricaine, Comores, République démocratique du Congo, Djibouti, Ghana, Guinée, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad, Togo, Sénégal).

L’engagement français en matière de transparence est enfin inscrit dans la loi d’orientation et de programmation relative à la politique de développement et de solidarité internationale discutée mi-février. Cette initiative française est saluée par les ONG humanitaires et par les associations de plaidoyers.

Jean-Jacques Louarn

Jean-Jacques Louarn

Jean-Jacques Louarn est journaliste à RFI.