Printemps arabes : vers une reconfiguration des Etats et des frontières au sud et à l’est de la Méditerranée ?

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Alors que les défis les plus exigeants du XXIème siècle menacent d’anéantir les sociétés humaines qui se seront confinés dans des dynamiques étriquées, le Proche Orient, le Machrek et le Maghreb – sans oublier Israël, sont appelés à réexaminer collectivement à la faveur de ces printemps arabes si prometteurs, les conditions d’une démocratisation effective porteuse d’une stabilité, d’une prospérité et d’une sécurité partagées et durables !

Face aux défis régionaux, et plus encore, face aux défis globaux, que peuvent peser des Etats et des économies nationales davantage jaloux de leurs prérogatives territoriales que garants de la prospérité économique, de la justice sociale, du développement humain et de la sécurité, qu’elle soit humaine, collective et/ou régionale ?

Il n’y a aucune raison objective pour que cette région échappe aux obligations de réformes qui s’imposent partout ailleurs dans le monde.

La promesse démocratique arabe doit puiser ses ressorts et ses messages dans cette promesse démocratique universelle que les Israéliens ont su concrétiser dès la création de leur Etat et que les Palestiniens entendent à leur tour concrétiser dans un Etat véritablement viable.

Sa concrétisation, qui est la condition d’un développement régional aussi équitable que durable, ne pourra être obtenues sans une refondation du pacte de sécurité régional sur des bases résolument nouvelles, où le droit de chaque Etat et de chaque Peuple à une dignité, à une souveraineté et à une sécurité pleines et entières doit être reconnu à tous, individuellement aussi bien que collectivement.

Que l’on croit ou non à la « spontanéité » de cette explosion quasi simultanée de « printemps arabes » favorisés par les nouvelles technologies d’information et de communication, un fait est indubitable : l’accès à la dignité et à une démocratie pleine et entière des peuples insurgés ne produira ses effets bénéfiques qu’au prix d’une reconfiguration des pays et de leur Etat sur d’autres bases juridiques, socio-politiques et géographiques ; des bases davantage conformes aux volontés de ces Nations qui sont encore déchirées et tiraillées par des relations intergouvernementales conflictuelles.

L’heure est plus que jamais venue d’en finir avec ces relations quotidiennement marquées par des tensions avivées par un anti-sionisme historique qui puise ses ressorts dans des références théologiques trop souvent déformées et perverties, par des réflexes nationalistes orphelins d’une assise culturelle capable de résister à la critique historique et par des rivalités ethniques, par essence fratricides, qui ne portent en elles aucun des germes d’une prospérité, d’une sécurité et d’une stabilité régionales futures.

Pour dépasser la situation actuelle au Proche Orient, il faut d’abord cesser les hypocrisies et de soutenir les fausses bonnes solutions et tirer les véritables leçons!

Une reconfiguration géopolitique de cette région parait indispensable ! Elle devra être entreprise selon un agenda approprié dans le cadre des institutions internationales compétentes. Peut-être est-elle déjà à l’oeuvre ?!

Les frontières devront être probablement revisitées sur l’ensemble de l’échiquier proche-oriental, et les cartes géopolitiques redessinées.

Israël, qui tient de nombreuses cartes en main, dispose aujourd’hui des marges de manœuvre politiques et géopolitiques nécessaires pour accepter la tenue d’une conférence internationale sur le Proche-Orient qui intègre cette question des frontières !

Simultanément, l’Occident – formule impropre qui cherche à unifier des modèles et des pratiques démocratiques et politiques distincts – doit absolument repenser son lien avec le monde arabe en mettant un terme à ses digressions improductives et dangereuses à l’égard de l’Islam et des musulmans.

C’est à ce prix que la communauté internationale parviendra enfin à créer les conditions d’un Etat palestinien viable et sûr, respectueux de la sécurité de l’Etat d’Israël.

Non seulement la Russie, La Chine, l’Iran, la Turquie, l’Egypte et les pays de la péninsule arabique se trouvent aujourd’hui impliqués, bon gré mal gré, dans la résolution de la crise syrienne, laquelle concentre à elle seule une multitude d’enjeux stratégiques et régionaux, mais les Nations-Unies dans leur ensemble !

Paradoxalement, malgré les souffrances du peuple syrien que nous déplorons tous, aucune autre crise que cette crise syrienne ne pouvait offrir in fine autant de chance à la paix, à la réconciliation et à la stabilité dans cette région en mouvement !

Seule la volonté politique de chacun déterminera l’issue d’un tel processus. Nous en sommes tous conscients ! Rien n’est gagné d’avance. Alors que l’on pensait- en vain – que 2011 serait cette année historique tant espérée, 2012 sera peut-être l’année de la refondation tant attendue de ce grand « Moyen-Orient » qui a connu tant de traumatismes aussi inutiles qu’infructueux au cours des dernières décennies.

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