La guerre à Gaza (2009) : le conflit israélo-arabe en question (volet III)

Au terme d’une analyse politique « multi-niveaux », nous pouvons mettre en exergue trois éléments significatifs relatifs à la guerre à Gaza. (voir Volet I, Volet II sur Grotius.fr)

Carte d'IsraëlPremièrement, l’action d’institutions internationales, principalement onusiennes, lors de la guerre à Gaza apparaît sensiblement dissociée du processus de résolution du conflit israélo-palestinien y afférant, reléguant de facto la mission des Nations unies à une intervention de type strictement humanitaire (aide alimentaire, etc.) et créditant la délégation du rôle de médiateur et de toutes tentatives de recherche – voire d’imposition – de cessez-le-feu à certains acteurs étatiques en particulier. De ce constat découle un véritable jeu de chaise musicale entre « États-médiateurs ».

Ces variations de « leadership » tiennent, pour certains, à leur statut de partie au conflit (l’Égypte, par exemple) et résultent, pour d’autres, d’un essoufflement de la confiance réciproque avec l’un des protagonistes (la Turquie envers Israël, par exemple) ou viennent pour d’autres encore d’une stratégie volontariste d’attentisme visant à se désengager d’une situation politiquement peu porteuse en laissant provisoirement la main à d’autres (l’effacement, voire l’« absence », des États-Unis dans les premiers temps et l’activisme de la France sous l’impulsion de Sarkozy).

Le deuxième élément significatif réside dans le constat de l’insuffisance d’une lecture analytique unique d’un même événement de nature conflictuelle pour déceler et appréhender l’ensemble des enjeux, réseaux et interactions qui tendent à alimenter ou à apaiser les tensions entre protagonistes. Une lecture « multi-niveaux » offre dès lors une approche multidimensionnelle de l’événement plus proche de la réalité que la vision essentiellement centrée sur les acteurs privilégiée. L’approche « multi-niveaux » tend à conditionner la résolution de ce conflit à une stabilisation régionale préalable – notamment au travers d’un apaisement des tensions liées à la perpétuelle course au leadership régional.

Cette lecture spécifique du conflit israélo-palestinien à travers le prisme de la guerre à Gaza, mais également de la deuxième guerre du Liban, met en avant l’évacuation de toute référence à l’ancrage régional, et partant israélo-arabe, du conflit israélo-palestinien. En d’autres termes, cette considération « multi-niveaux » montre d’abord la multiplication effective des acteurs dans les tractations en vue de la résolution du conflit israélo-arabe. Toutefois, elle ne peut négliger un effet domino dans la résolution, privilégiant une solution au conflit israélo-arabe, pour stabiliser la région.

Selon cette analyse et en dehors de toute prétention prédictive et prescriptive, la (ré)solution transparaitrait in fine plus adéquatement – après le relatif échec des accords de paix bilatéraux entre protagonistes israéliens et palestiniens (à l’exemple des accords de Camp David) et les vaines considérations d’un accord global entre tous les États de la région (accord de Beyrouth) – dans la conclusion au cas par cas de règlements de paix différenciés avec Israël, avec l’intervention tantôt d’acteurs étatiques internationaux (France, États-Unis, etc.), tantôt d’acteurs régionaux avec qui Israël aurait signé une « paix chaude » (évitant de réitérer la paix froide israélo-égyptienne), et ce, selon un processus théorique que d’aucuns qualifieraient de multi-level areas and multi-actor networks.

Troisième et dernier élément significatif notable, si le Moyen-Orient en recomposition est victime d’une redéfinition continue des alliances variant au gré des intérêts étatiques régionaux et de l’influence des États périphériques, le rapprochement irano-vénézuelien jouit de cette recomposition à l’œuvre et participe à cette logique dans un esprit de contestation idéologique de l’influence états-unienne au Moyen-Orient. Les « alliances » qui s’en suivent avec d’autres États d’Amérique latine renforcent symboliquement l’opposition dirigée contre les États-Unis, et ce, en dépit de la nature du discours tenu au Caire par Obama en juin 2009.

Mais elles répondent parallèlement à des enjeux d’ordre économique permettant aux acteurs étatiques engagés de développer de nouveaux réseaux intra-régionaux, tentant par là de court-circuiter les États occidentaux traditionnellement influents dans ces régions.

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