Résonances humanitaires, du sur-mesure pour les expatriés en recherche d’emploi

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© Résonances humanitaires

Un travailleur humanitaire en recherche d’emploi ? Cela ne nous viendrait même pas à l’idée tellement ce métier fait fantasmer. Et pourtant ! Comme pour tout le monde, il arrive un moment où après avoir roulé sa bosse dans les contrées lointaines, le travailleur humanitaire rentre au pays et cherche à se poser…

Les tensions, l’envie de stabilité… Les raisons sont nombreuses pour expliquer ce retour qui pour beaucoup ne se fait pas sans embûches. C’est pour cette raison qu’Éric Gazeau, ayant vécu lui-même cette situation, a créé en 2002 Résonances humanitaires, une association d’aide à l’emploi pour les humanitaires souhaitant revenir travailler en France.

« Les humanitaires qui reviennent du terrain sont un public particulier que les agences traditionnelles pour l’emploi n’arrivent pas vraiment à cerner et à aider. D’abord parce que sur la masse des personnes en recherche d’emploi, ils ne sont pas du tout représentatifs et ensuite, parce que de par leur parcours, ils ne rentrent pas vraiment dans les cases. Beaucoup d’entre eux ne cherchent pas seulement à gagner leur vie mais aussi à avoir une activité en accord avec leurs valeurs. »

eric gazeau resonances humanitaires
© Résonances humanitaires

Plus de 2000 personnes sont passées par Résonances depuis sa création. 75 % ont réussi à trouver un emploi en moins de 10 mois. Mais si l’association a maintenant le soutien financier des ONG pour moitié, il lui a fallu pour s’imposer s’attaquer à des enjeux majeurs comme la précarité des contrats du côté des employés et le turn-over permanents des cadres de terrain du côté des employeurs.

« Parmi les combats que nous avons dû mener, il y a eu notamment le vote d’une loi en 2005 qui a permis de réduire les contrats de volontaires à deux ans, renouvelables deux fois maximum. En effet, à l’époque, les ONG s’appuyaient beaucoup sur le bénévolat à travers des contrats de volontariats qui garantissaient un certain niveau de vie sur place mais ne permettaient aucune contrepartie de retour en France, pas d’allocation chômage notamment.

« Par ailleurs, grâce à Résonances, les organisations ont pu fidéliser les chefs de mission qui partaient au bout de deux ans par peur de ne pas trouver d’emploi à leur retour, s’ils restaient trop longtemps sur le terrain. Le fait de savoir qu’ils pouvaient compter sur notre soutien s’ils souhaitaient revenir a permis de rassurer ce personnel sur les possibilités de reconversion professionnelle. »

Forte d’une centaine de bénévoles dans toute la France dont 40 coachs, Résonances humanitaires a son siège à Paris mais dispose de deux antennes à Lyon et Bordeaux. Les adhérents peuvent bénéficier d’un panel d’outils allant de l’aide à l’orientation professionnelle, l’élaboration et la clarification du projet, la valorisation des compétences en passant par la refonte de CV… Ils peuvent être suivis individuellement par un coach, mais de petits groupes de recherche d’emploi sont mis en place pour créer l’émulation. L’accès aux formations est gratuit et des conférences sont organisées régulièrement ainsi que des rencontres réseau.

« Ceux qui viennent nous voir trouvent de la compréhension et une complicité, car nous connaissons exactement les difficultés qu’ils rencontrent. Nous les aidons à faire le deuil d’une forme de confort apporté par l’expatriation et le sentiment d’appartenance à une communauté « prestigieuse » afin qu’ils puissent aller vers autre chose. Ils doivent prendre conscience de leurs talents mais aussi de leurs limites. RH est une sorte de sas de décompression pour les mener vers la voie qui leur conviendra le mieux. »

Résonances s’adresse en particulier aux expatriés de retour en France et à la recherche d’un emploi mais s’ouvre depuis peu aux sièges dont les salariés ont passé du temps sur le terrain. Initiative unique en son genre, Résonances va peut-être s’exporter à Bruxelles et Genève.

 

Ils sont passés par Résonances humanitaires et témoignent :

 

namogo, adhérent résonances humanitaires

Namogo, d’origine ivoirienne, au chômage actuellement en France, après avoir donné plusieurs années à des ONG de droit français comme ACF. Il vient d’adhérer à RH.

 

 

 

nadjia, adhérente résonances humanitaires

Nadia est en cours de recherche,
accompagnée par un coach de RH et participant
à un groupe de chercheurs d’emploi.

 

 

 

Sylvain, adhérente résonances humanitaires

Sylvain, adhérent au réseau, a pu il y a quelques mois
se réinstaller dans sa région avec un travail qui l’intéresse dans son domaine d’expertise.