Sylvain, suivi par Résonances Humanitaires en province

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Sylvain, anvien travailleur humanitaire

Quel poste occupez-vous actuellement ? Correspond-il à ce que vous recherchiez ?

Je suis Assistant de Chargé de projets éoliens dans une entreprise qui développe des projets d’énergie renouvelable (parc éolien et ferme solaire) à Saint-Brieuc.

Je cherchais un emploi dans un domaine où j’aurai l’impression d’avoir une action « utile à la société ». Je ne visais donc pas un poste ni un secteur d’activité en particulier.

Mes recherches pendant ma période de chômage m’ont orienté vers un poste type Chargé de projets dans des domaines aussi variés que l’eau (dans l’environnement plutôt que dans l’eau et l’assainissement), les énergies renouvelables, des domaines techniques liés au social (entreprise d’insertion, agence locale de l’énergie…).

Je cherchais un emploi basé de préférence dans la région de Saint-Brieuc, à défaut dans les Côtes-d’Armor, éventuellement en Bretagne. Plusieurs raisons à cela :

  • Après des années à voyager, je souhaitais retrouver une stabilité familiale.
  • Ma compagne, qui travaillait également dans l’humanitaire, a suivi une formation en Bretagne et y a trouvé des stages puis un emploi.

Je peux donc dire que le poste que j’occupe actuellement est très proche de l’objectif que je me suis fixé. Le secteur professionnel et la situation géographique collent à mes attentes, le poste en lui-même est en dessous de ce que je visais, mais je l’envisage comme une étape transitoire.

Depuis combien de temps étiez-vous sans emploi et en combien de temps Résonances vous a-t-il permis de retrouver un emploi ?

Ma dernière mission s’était achevée plus de 2,5 ans auparavant, en juin 2013. J’ai contacté Résonances humanitaires en janvier 2015 et j’ai retrouvé un emploi 14 mois plus tard.

Quel est votre parcours ? Comment s’est passé votre retour après 9 ans de terrain ?

Suite à une première période d’études, j’ai travaillé quelques années en France. J’ai repris les études en 1999 pour devenir ingénieur et après un court passage en bureau d’études, je suis parti à l’étranger pour une première mission en Afghanistan en 2002. Par la suite, plusieurs missions se sont enchaînées avec des intermèdes plus ou moins longs (quelques semaines à quelques mois) en France.

Mon retour en France s’est bien passé, car c’était le résultat d’un choix. Le plus difficile a été de ne pas retrouver de travail.

Êtes-vous passé par le circuit traditionnel de recherche d’emploi ? Si oui, quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

À mon retour de mission en juin 2013, je me suis inscrit à Pôle Emploi suivi et ai demandé à pouvoir faire un Bilan de Compétences. Je voulais savoir comment valoriser dans le milieu professionnel français (public ou privé) mon l’expérience et les compétences acquises et mieux cibler les secteurs professionnels vers lesquels me tourner sans formation longue.

Ayant plusieurs secteurs d’activités en vue, je pensais que mes compétences me permettraient d’accéder à certains de ces secteurs avec une adaptation « sur le tas » ou au travers d’une formation courte. Restait à découvrir lequel.

Le Bilan m’a permis de reformuler mes compétences en langage « non-humanitaire », de me rebâtir un CV et d’identifier le secteur de la gestion de l’eau dans l’environnement (au sein de collectivités territoriales ou de bureau d’études) comme étant celui étant le plus accessible dans le « mix » envies-compétences-expériences-formation-localisation.

J’ai collecté des informations, rencontré des professionnels, été à des salons pour me rendre compte que ce milieu était passionnant mais que les collectivités, pour des raisons institutionnelles (décentralisation, fusion des intercommunalités, élections…) et financières (réduction des fonds alloués par l’État), n’étaient que peu disposées à embaucher un profil « exotique ».

Au niveau du secteur privé et des bureaux d’études, ce secteur dépendant principalement de la commande publique était plutôt dans une logique de survie.

J’ai donc commencé à explorer d’autres pistes : les énergies renouvelables (éoliens et bois-énergie), la lutte contre la précarité énergétique… au travers de rencontres et de participation à des salons professionnels.

Dans le même temps, j’ai poursuivi le développement de mon réseau au travers de sites internet (Viadeo, LinkedIn), j’ai répondu à des annonces qui me semblait intéressantes et accessibles, j’ai fait des formations avec l’APEC et par l’intermédiaire de Pôle Emploi, j’ai utilisé les conseils de la Cité des métiers de Saint-Brieuc, j’ai fait des simulations d’entretien, j’ai pu réaliser 3 stages en milieu professionnel et j’ai travaillé avec 2 conseillers pour mes candidatures et ma recherche d’emploi, un premier au travers de Résonnance humanitaire et un second au travers d’un partenariat entre une association de chefs d’entreprise et la Maison de l’Emploi de Saint-Brieuc.

J’ai été embauché par la dernière entreprise où j’ai fait un stage.

Difficultés :

Le fait d’avoir un profil atypique dans une période peu propice à la prise de risque pour une embauche.

Le fait de devoir « se vendre », de devoir faire le marketing de mon profil professionnel.

La durée, l’isolement, l’impression d’enfermement.

Le fait de passer d’une période où le professionnel occupe toute la place à une période où je ne travaille plus et n’ai pas de perspective professionnelle.

Le fait de devoir lutter contre les idées reçues sur le travail humanitaire ou l’absence d’idées sur le sujet

Le fait d’avoir à faire à des professionnels de l’orientation professionnelle ou du conseil aux demandeurs d’emploi mais ne connaissant pas la réalité des emplois vers lesquels ils m’envoyaient ou la réalité d’un demandeur d’emploi.

Le fait de vouloir un emploi sur la région de Saint-Brieuc, d’un dynamisme économique très relatif et loin des sièges d’ONGs et des bureaux d’études.

Qu’avez-vous trouvé à Résonances ?

L’écoute, le soutien dans les moments de doute.

N’étant pas proche d’une des villes où se déroulent les activités de RH, je n’ai pas pu participer aux rencontres et formations.

Mais suite à mon adhésion et à un rendez-vous sur Paris, RH m’a proposé de me mettre en contact avec une personne ressource en Bretagne, Daniel MULARD, ancien président de RH.

Nous nous sommes rencontrés et avons échangé très régulièrement au gré de mes candidatures et entretiens professionnels. Cette rencontre a été déterminante pour moi dans le sens où Daniel m’a toujours témoigné une écoute et un soutien sans faille.

 

 

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La rédaction de Grotius International.