Nouvel outil des relations transnationales : le sport pour le développement et la paix

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Le sport comme facteur de paix © Institut Philip Noël Baker
Le sport comme facteur de paix © Institut Philip Noël Baker

Lorsque Hugo Grotius publie en 1625 De Jure Belli ac Pacis, son œuvre la plus célèbre portant sur Le droit de la guerre de la paix, il observe « qu’à l’exception du droit naturel, qu’on a coutume d’appeler aussi droit des gens, on ne trouve presque pas de droit qui soit commun à toutes les nations ». Paul Pradier-Fodéré, qui commente une version rééditée en 1867, remarque que « des indices favorables semblent cependant promettre pour l’avenir un droit des gens humanitaire et cosmopolite, fondé sur la solidarité des différentes nations du monde »(1).

Un siècle et demi après, on peut constater que le droit international humanitaire, initié par l’humaniste suisse Henry Dunant (1828-1910) depuis la bataille de Solférino, a connu un certaine discontinuité, d’abord consacré par le droit international public suite aux différents cadres normatifs pris à Genève puis à New York, et a été vidé de sa substance face aux conflits asymétriques et au désarroi des nouveaux « réfugiés »(2).
Ce paradoxe donne à voir une nouvelle réalité : la transnationalisation du monde. Fini le monopole des Etats comme cela était prophétisé par Bertand Badie et Marie-Claude Smouts à la fin du siècle précédent(3) : les systèmes publics ne peuvent plus tenir seul la barre de l’humanité et doivent composer directement avec les individus. Cette gouvernance transnationale, l’Institut Philip Noel-Baker a choisi de l’analyser sous l’angle d’un nouveau réseau de solidarité dont les relations se nouent sur le champ du « Sport pour le Développement et la Paix » (SDP).

Le sport, outil durable de gouvernance

 La « stratégie nationale de développement durable appliquée au sport » pour la période 2010-2013 associe « les piliers environnemental, économique et social [en] “principe transversal” aux réflexions et actions »(4). Cette transversalité du développement durable rend ce concept analogue à l’objet social du sport. Phénomène qui agit comme un miroir de la société, le sport reflète les processus de construction sociale qu’il peut amplifier, déformer ou transcender. Dès l’enfance, les représentations du sport contribuent à la socialisation des futurs citoyens : ils s’identifient aux champions et « adhèrent aux grands principes de l’éthique sportive traditionnelle, mais ils prennent également en compte la réalité sociale du sport véhiculée par les mass médias »(5). L’évocation du cas sportif ne signifie pas pour autant que ce dernier soit isolé, les enjeux du développement durable étant également abordés auprès des élèves des différents niveaux de scolarité(6). Cependant, un frein récurrent mis à jour par la Fondation de France révèle que la pédagogie du développement durable se réduit trop souvent aux questions d’environnement, passant parfois à côté du volet économique et systématiquement à côté du volet social(7). Une exigence de redéfinition des concepts semble alors s’imposer. A cet effet, nous souhaitons apporter un regard singulier sur les constituants qui relèvent du développement durable et sur ceux qui relèvent du sport au prisme de la solidarité transnationale.

Le Sport, outil durable au service
de la coexistence sociale

Malgré une forme de consensus, le concept de développement durable connaît plusieurs visages, du fait notamment de sa traduction. Le vocable anglais sustainable étant le plus fréquemment admis pour « durable » évoque la définition établit par le rapport Brundtland. Cependant, il semble qu’une sorte de tolérance existe par l’acceptation du terme « soutenable », lui-même synonyme de « supportable ». Dans le dernier cas, l’angle sportif nous ramène au procédé selon lequel un individu seul ou membre d’un groupe homogène (les supporters) encourage un autre groupe (les joueurs) à réaliser une action (s’impliquer dans un match) en vue de produire une conséquence souhaitée (la victoire). Dans l’hypothèse ou un évènement extérieur ou imprévu empêcherait le groupe encouragé d’atteindre son objectif, il se peut qu’il n’en supporte pas la conséquence (la défaite) : en un mot, il ne l’assumerait pas.

Ce dernier vocable semble être une traduction plus fidèle à l’esprit de « durabilité » du développement sociétal. Il véhicule l’idée que l’homme ne devrait pas générer d’ impacts irréversibles pour des générations futures qui ne les n’auraient pas souhaitées. Parler de sustainable development reviendrait ainsi à parler de politiques de développement assumables dans un avenir où les sociétés seraient en mesure de gérer les conséquences des actes des générations précédentes, mais puisque les variables économiques et sociales sont en partie rythmées par le renouvellement des classes d’âge, la place plus centrale qu’occupe l’élément environnemental s’explique par le temps long de la transmission générationnelle.

La perspective de partage et de bonne gestion des ressources limitées pourrait donc satisfaire le concept de développement durable dans son acception la plus large. Dans ce sens, le mouvement sportif, en intégrant la conditionnalité de ce principe à l’organisation de ses rencontres, le comprend d’autant plus dans le cadre des activités sportives de nature(8) en conciliant au sein « de chartes de qualité [et] de règles de bonne conduite la croissance économique, la protection de l’environnement et le progrès social »(9).

A l’instar du développement durable, le sport est une notion multiforme qui se développe au sein de deux sphères étroitement liées : celle de la compétition et celle de l’amateurisme.

Dans la sphère de la compétition, l’activité sportive « marchande » vise à établir des records de performances mesurables dans le but de repousser les limites des capacités physiologiques, en attestent les résultats des recherches conduites sur les performances du sprinter Usain Bolt dont la puissance musculaire lui permet de surpasser ses freins aérodynamiques(10). Ces exploits contribuent également à créer, dans le même temps, une valeur économique produite  par un spectacle  fondé sur le marketing sportif, le cas du « spectacle olympique illustrant par les spots publicitaires un produit commercial obéissant à la logique de marché »(11), ainsi que la diffusion d’une « culture tribale, communautaire et nationaliste »(12).

Dans la sphère de l’amateurisme, l’activité physique vise variablement l’amélioration de la santé physique dans une perspective qui peut être individuelle(13), générationnelle ou collective. Dans le premier cas, l’impact de l’objet sportif peut cibler un enjeu de santé publique(14) ou une population spécifique(15), en observant par exemple les politiques managériales de promotion de l’activité physique auprès des salariés dans leur environnement professionnel(16).

A ce sujet, la nature philanthropique de la motivation de ces pratiques reste diversement appréciée, certaines voix de la doctrine y décelant une possible tentative d’instrumentalisation du sport à des fins d’amélioration de la performance de l’entreprise à travers le pilotage de celle de l’employé(17).

Dans le second cas, il a été démontré qu’une activité physique régulière contribuait à l’amélioration de la santé physique des seniors ainsi qu’à leurs relations sociales(18).

Dans le troisième cas, le rôle du sport a progressivement évolué vers un objectif de cohésion socioprofessionnelle sous forme de team building et d’incentive, pratiques qui visent à « construire une équipe » en extrayant les individus de leur environnement professionnel habituel, le cas échéant par un séjour de type touristique qui mobilise fréquemment les activités physiques ou sportives à cet effet(19). Ces trois cas touchent des publics différents, les sportifs professionnels, les seniors et les actifs, mais ils révèlent un dénominateur commun : le rôle social que le sport occupe dans la trajectoire de leur cadre de vie.

Dès lors, lorsque l’on confère au sport une fonction qui dépasse les seuls secteurs du loisir et de la compétition, il s’en révèle un nouveau potentiel à explorer, en particulier dans le champ de la solidarité, du développement et de la paix, comme en atteste la programmation des « objectifs stratégiques 2014-2021 » de l’UNESCO en matière de paix et de développement durable notamment par le sport(20).

L’existence d’un lien entre le Sport,
le Développement et la Paix

 « A quoi la science nous conduira ? », se demandait le philosophe Alain, professant que le « la moindre chose est liée au tout »(21). Appelant ici la notion de causalité, cette faculté de mise en relation s’avère essentielle à l’appréhension du développement et de la paix. La paix serait-elle la conditionnalité du développement ou serait-ce l’inverse ? Si les deux combinaisons ne semblent pas apporter de véritable satisfaction, une troisième voie suggère-t-elle l’existence d’un système causal appelant ces deux éléments à ne jamais se dissocier ?

Cette posture dominante se fonde sur l’implication de l’UNESCO dans la promotion « d’un humanisme de la Paix à un humanisme du Développement ». Rappelons que cette organisation onusienne avait permis dès 1964, à l’occasion de ses premières réalisations en matière de politique de « coexistence entre les peuples » puis de « coopération pacifique », de créer un « Centre africain de formation et de recherche administrative en vue du développement » à Tanger au Maroc(22).

Le contexte de l’époque s’était avéré propice, les années 1960 ayant connu les guerres d’indépendance d’une part, et des relations entre les pays colonisateurs déchus et leurs anciennes colonies réorientées vers un système de coopération au développement d’autre part(23).

Dans ce cadre, l’économiste du développement Jean-Jacques Gabas observera que les relations internationales ont glissé « de la coopération vers l’aide au développement »(24), repositionnant le curseur diplomatique vers la nécessité d’entrer durablement en paix malgré le ressort d’un « concept dévoyé » nourri de « réciprocité et [de maintien en] dépendance »(25).

La recherche dans ce champ émergeant se poursuivit sur le fil de l’Histoire, à l’instar de l’inauguration par le Professeur René-Jean Dupuy de l’Institut du Droit, de la Paix et du Développement au sein de l’Université française de Nice en 1968(26), au moment même où étaient publiées à Lyon, toujours sensible à la solidarité internationale(27), les communications de la conférence sur « le développement, la justice et la paix » autour du thème du développement comme étant « le problème majeur de ce temps [tenant] à la non articulation ou à la désarticulation des économies du Tiers Monde »(28).

Depuis lors, paix et développement ont connu une lente évolution doctrinale jusqu’à l’établissement par l’ONU des Objectifs du Millénaire pour le Développement 2000-2015, remettant en mouvement une réflexion sur les stratégies de coopération.

Dans la perspective de clarifier les liens entre paix et développement, l’Assemblée générale notait « que la prévention des conflits devait demeurer l’axe fondamental de l’activité de l’ONU et que la paix, la sécurité et le développement étaient inextricablement liés »(29) notamment au titre des programmes visant le « théâtre de crises politiques récurrentes et de nombreux conflits » que connaît le continent africain(30).

Paix et Développement était à présent liés dans les faits, le premier étant un facteur déterminant pour le second, là où l’ambition rénovatrice du sport est intervenue en estimant que les intérêts de l’unité la plus grande (la collectivité) seraient plus efficacement servis si la priorité était donnée aux intérêts de l’unité la plus petite (l’individu). Le prisme du sport a ainsi créé un revirement de paradigme poussant le Développement à devenir le facteur déterminant de la Paix, à l’instar de l’appellation donnée au Bureau des Nations Unies en Sport pour le Développement et la Paix(31).

Parler d’ « outil » en désignant le sport est un passage obligatoire pour expliquer qu’il ne constitue pas une finalité mais un moyen d’atteindre un objectif particulier, comme en attestent de nombreuses recherches théoriques et actions sur zone humanitaire. S’agissant du terrain scientifique d’abord, le point culminant a été atteint par l’Université Ouverte de Catalogne qui a inauguré en 2011 une Chaire Unesco et un Master en Sport pour la Coexistence sociale et la Résolution des conflits par les Professeurs Eduard Vinyamata et Claudia Solanes(32).

Parallèlement, de nouveaux laboratoires ont émergé sur le champ SDP, à l’image du Centre pour le Sport, la Paix et la Société de l’Université nord-américaine du Tennessee(33) et du département « Sport et Paix » du Centre d’étude pour la Paix et la Réconciliation de l’Université anglaise de Coventry(34). Parmi les auteurs les plus reconnus, l’anthropologue Paul Richards de l’Université néerlandaise de Wageningue démontrait dès 1997 que le sport, contre l’image négative produite par le hooliganisme, pouvait être « l’antidote de la violence », notamment dans la réhabilitation sociale des ex-enfants soldats du Sierra Leone(35).

Par une approche interdisciplinaire, Marion Keim de l’Université sud-africaine du Western Cape montrait en 2003 que le sport est un vecteur d’intégration sociale dans un contexte sud-africain de communautarisme, posture qu’elle continua de défendre en 2006 en attribuant au sport la capacité d’être « l’opportunité pacificatrice du renouveau communautaire » post-apartheid(36). C’est ainsi que la contribution de variables indépendantes mesurant périodiquement l’impact du sport sur la santé, sur l’économie locale ou sur les relations humaines a permis de faire émerger le champ du « Sport pour le Développement la Paix » établi en faisceau homogène de recherche sur l’impact social du sport(37).

S’agissant du travail des organisations non gouvernementales, il semble que la pratique ait précédé la théorie. Pour cette posture doit être cité le sociologue Owen Willis, de l’Université canadienne Dalhousie, qui établissait à l’occasion de l’ouverture des OMD le bilan de l’ONG kenyane(38) Mathare Youth Sports Association(39).

Fondée à Nairobi, cette organisation contribue depuis 1987 à l’aide au développement au sein du bidonville de Mathare en utilisant le sport afin d’améliorer la vie collective des réfugiés. « Plus de 20.000 jeunes et plus de 1.600 équipes participent aux programmes [de cette ONG] qui accueille également 10.000 autres jeunes de huit pays dans le camp de réfugiés de Kakuma au nord-ouest du Kenya et qui, par ailleurs, aide à la transposition de projets similaires au Botswana, au sud du Soudan, en Tanzanie et en Ouganda »(40).

L’effet de ce type d’action sur le terrain contribue à l’éveil des consciences sur la potentialité du rôle social du sport et donne lieu à de nouvelles initiatives. Le gouvernement du Danemark a ainsi favorisé la création de l’ONG Play the Game(41) en 1997 avec l’objectif d’influencer les sphères politique et sportive régionales(42) en vue d’attirer leur attention sur le potentiel du sport comme vecteur éthique de démocratie. La mobilisation institutionnelle étant lancée, elle allait s’accompagner d’une forte mobilisation sociale.

Alors qu’en 1994 était créé le fonds « Olympic Aid » de solidarité en partenariat avec l’UNICEF, une trêve olympique s’était s’imposée en Afghanistan et dans la partie kurde du Nord de l’Irak en 1996 pour permettre la vaccination de 12 millions d’enfants réfugiés.

Fort du succès que rencontrait le sport dans sa contribution aux actions humanitaires, le fonds muta en ONG opérationnelle en l’an 2000. Sous le nom Right to Play(43), elle lança le pilotage de programmes sportifs dans 20 pays touchés par la guerre, la pauvreté et la maladie en Afrique, en Asie, au Moyen-Orient et en Amérique du Sud depuis son siège canadien de Toronto sous la présidence du norvégien Johann Olav Koss, champion olympique de patinage de vitesse.

La même année était créée l’ONG Sport Sans Frontières(44), première organisation française(45) dont la spécialité se concentre sur la formation d’éducateurs sportifs et  l’autonomisation  de  structures  sportives.  Multi-usage,  le  sport, outil mobilisable en zone humanitaire, interroge toutefois ses modes d’utilisation.

La place du sport dans la prévention
et la résolution des conflits

 Observer le sport au prisme des conflits implique de définir et d’illustrer. S’agissant du premier axe, les définitions admises par la doctrine avancent que la prévention des conflits se distingue de leur résolution mais qu’elle s’inscrit de manière conjointe dans les « stratégies de paix ». Ce domaine s’organise en trois sous-groupes : la diplomatie classique et préventive, la négociation et la médiation des conflits, la prévention et la résolution des conflits intra-étatiques »(46).

Ce système de graduation connaît ainsi trois degrés : la prévention, qui vise à « empêcher les conflits d’éclater », la résolution, qui vise à « prévenir la dégénérescence » et la consolidation, qui vise à « prévenir la rechute »(47). Ces responsabilités sont d’ordinaire l’affaire des Etats. Cependant, depuis l’avènement post 1945 de l’ONU titulaire de la légalité du recours à la force, de nombreuses observations en montrent les limites fondées sur une puissance publique monopolistique, notamment en Afrique centrale.

Récemment, « le paradoxe de la permanence des crises et conflits [était dénoncé face] aux multiples actions onusiennes dans cette sous-région explosive », le contexte particulier de la « déliquescence des Etats » illustrant un système onusien incapable de « surmonter les difficultés inhérentes [à ses propres] limites »(48).

Dans ce cadre, puisque la diplomatie classique semble infructueuse face aux conflits contemporains, une nouvelle diplomatie privée tend à s’inviter dans le processus de paix en se fondant sur des mouvements sociaux tels que des associations locales ou des ONG de solidarité internationale. Résolution des conflits peut donc parfois rimer avec traditions culturelles, même si certains auteurs alertent sur le risque d’instrumentalisation que ces références autorisent et appellent à « la prudence [quant] aux espoirs placés dans la “diplomatie alternative” »(49).

institut-universitaire-philippe-noel-bakerSi l’attribution au sport du statut d’outil diplomatique peut sembler déraisonnable, la renaissance des Jeux Olympiques qualifiée « d’invention diplomatique » en atteste le contraire(50). En  réalité,  dans  le  cas  particulier  des  Etats-Unis,  les  Jeux ont  été instrumentalisés en « propagande olympique envers les pays du Tiers Monde (…) des années 1950 jusqu’aux années 1980 [jouant] un rôle déterminant au sein de la stratégie américaine de guerre froide [en] s’appuyant sur la prédominance américaine en matière de communication et d’information »(51).

Le mouvement olympique, s’il n’est pas engagé dans une démarche diplomatique, donne toutefois l’occasion à d’autres, dans les évènements politiques qu’il crée, de « faire de la politique internationale », comme l’a démontré l’attribution des Jeux de 2008 à la Chine(52).

D’autres exemples moins récents sont à ce titre entrés dans l’histoire, tels que la « diplomatie du ping-pong » proposée en 1971 à Mao ou la « diplomatie du baseball » proposée en 1998 à Fidel Castro(53) au rang d’une « diplomatie publique » promue comme « outil de dialogue culturel notamment envers les jeunes »(54).

Ces exemples illustrent comment le sport contribue au dialogue entre Etats, mais ces derniers ne détenant plus de droits exclusifs en matière de conflit, de nombreux organismes privés ont eut à se mobiliser comme le Peres Center for Peace(55). Fondé en 1996 par le Prix Nobel de la Paix Shimon Peres, cette ONG mobilise les forces humaines juives et arabes de bonne volonté autour de divers projets éducatifs et pour certains sportifs. C’est ainsi qu’a été créée « The Co-Existence Girls’ Soccer Team », une équipe féminine composée de huit joueuses israéliennes et palestiniennes de 16 à 18 ans amenées à se déplacer en compétition (56).

Sur ce même exemple, pour illustrer le second axe de la coexistence sociale, l’Université de Brighton et le Parlement britannique se sont conjointement engagés depuis 2001 dans le programme galiléen du Nord d’Israël « Football4Peace »(57). Ses résultats, qui encouragent le sport « comme un outil modeste mais réel pour l’effort de consolidation de la paix », ont par ailleurs soulevé ses limites, dont « ses difficultés à mobiliser un ratio ethnique équilibré de participants, à ne pas subir les effets négatifs de la compétition en établissant des projets sans enjeux de domination, ou encore à prendre en compte la complexité du conflit qui interroge l’existence d’un néo-colonialisme »(58) dissimulé derrière la bannière humanitaire(59).

Il semble donc que la coexistence sociale n’aille pas de soi. De grands freins, sur fond de gouvernance transnationale animée par une ancienne « communauté d’Etats civilisés [devenue] une société civile mondiale hétérogène, multicentrée, en quête d’espace public et de régulation » lui avaient d’ailleurs été prédits(60). Ce contexte, qui pourrait ralentir les actions amélioratives du vivre ensemble, fait au contraire état d’un usage croissant du sport en faveur de la cohésion sociale post-conflit, comme « en Géorgie où l’ONG danoise CCPA(61) a joué un rôle actif dans la mise en œuvre d’écoles de Fun Football pour les enfants de 7 à 11 ans en utilisant le sport comme vecteur de coexistence pacifique »(62).

Mais amener diverses communautés à coexister ensemble doit-il les pousser à invisibiliser leurs particularismes identitaires (63) au risque de créer un nouvel affrontement ? La contreperformance du sport comme vecteur de coexistence en Bosnie, l’illustre assez bien : état multiethnique entré symboliquement dans la guerre des Balkans suite au match du 13 mai 1990 entre le Dinamo Zagreb et l’Etoile Rouge de Belgrade, et qui se définit comme un « pays artificiel », suite aux accords impopulaires de Dayton en 1995, voit ses supporters divisés sur la légitimité de son équipe nationale pourtant qualifiée pour les mondiaux du Brésil 2014(64).

Si le frein provient de l’angle compétitif, une position anglo-saxonne prédominante rappelle à ce titre que si « le sport argue d’importantes possibilités en matière d’éducation à la paix, il peut aussi exacerber les conflits, les volontés de domination et la violence, ce qui oblige à porter un regard critique sur le sport duquel on doit attendre un accompagnement au processus de paix plutôt qu’une pleine résolution des conflits »(65). En effet, le sport n’est qu’un outil : il n’incarne ni le bien, ni le mal, mais se nourrit de dualité en fonction de l’usage.

Le degré d’adhésion à ce nouveau champ
de recherche dans l’espace francophone

La promotion du sport comme outil durable pour le développement et la paix génère un courant de scepticisme. Dans l’espace francophone, le rapport social au sport ne trouve pas les mêmes racines que celui qu’entretient le courant anglo-américain.

Dans un débat philosophique, et contre la position d’Aristote qui estimait l’homme raisonnable, le philosophe anglais Thomas Hobbes (1588-1679) considérait que l’homme était sociable par accident et non par nature, ce dernier étant un loup pour lui-même en état de « guerre de tous contre tous ».

Dans un débat de société, s’il a été démontré que la Première Guerre Mondiale(66) a pu constituer « un creuset culturel et sportif » dans la diffusion du football des soldats anglais vers les soldats français(67), une partie du courant français continue de présenter le sport comme une transposition de cet « état de guerre », parfois établit en véritable objet d’étude historique(68), ce à quoi s’employa le sociologue Jean-Marie Brohm depuis 1976 en le « démystifiant »(69).

Outre-Rhin, la sociologie de Norbert Elias l’abordait différemment en 1982 dans Sport im Zivilisationsprozess sous l’angle de « l’autocontrainte des pulsions et l’euphémisation de la violence »(70), le sport constituant son « terrain privilégié d’analyse [même s’] il est difficile de considérer que [ses] travaux [aient fait] école en France »(71).

Dans le même sens, l’économiste Jean-François Bourg affirmait dès 1992 que « le mouvement sportif moderne n’est pas l’héritier de l’Antiquité mais provient d’une rupture datée, la Révolution industrielle » associant « le fait sportif à une logique productiviste » le subordonnant à une « rationalité qui engendre des coûts sociaux importants »(72). Nous le voyons, si le sport véhicule un idéal, ce dernier a été confronté à l’exposé récurrent de « ses dérives [liés aux] scandales financiers, dopages, tricheries, hooliganisme… »(73).

Au centre des controverses, il semble enfin que l’espace pluridisciplinaire de la recherche en sport rende cette discipline  inaudible  et  que  les  politiques nationales  de  recherche, notamment celles de l’AERES en France, contribuent à en affaiblir la visibilité (Gleyse, 2010).

Dans les pays de tradition anglophone, les champs de recherche sont plus fréquemment animés par la transversalité qu’ils assument sans que cela n’en discrédite la qualité, comme en atteste le champ des Peace studies ou de la Conflictology. Les espaces francophones sont en effet mal outillés. Ils se contentent de théories disciplinarisées telles que l’intelligence économique ou la sécurité internationale et le cas du sport reste cloisonné en ses facultés spécifiques quand celles des Etats Unis ou du Royaume Uni lui accorde un espace à part entière au sein des centres de Peacekeeping, de Peacebuilding ou de Peacemaking(74).

A côté –et à l’opposé– des universitaires se sont par ailleurs exprimées les institutions. La France a ainsi interrogé le rôle social du sport en 2007 par un rapport sur « le sport au service de la vie sociale »(75), André Leclercq lui faisant l’éloge de vertus de solidarité et de paix véhiculées par l’olympisme. L’Union Européenne s’est au même moment penchée sur le sujet à travers son Livre blanc sur le sport : son article 2.7 lui reconnaît « un rôle dans [s]es relations extérieures [pouvant] être un élément d’aide extérieure (…) de dialogue avec les pays partenaires (…) et de diplomatie publique » d’une part, mais aussi sa capacité à être « un moyen puissant [pour] le développement et la paix »(76).

Grâce à ce nouvel appui institutionnel, marqué par l’attribution d’une journée internationale « en Sport pour le Développement et la Paix » à partir du 6 avril 2014(77), il semble qu’il soit maintenant offert aux partisans francophones de la pax sportiva(78) et, plus généralement, à ceux du droit d’assistance humanitaire cher à René-Jean Dupuy(79), une occasion d’animer et de contribuer à ce nouveau champ de recherche-action en sciences sociales, dans un contexte de gouvernance en profonde remodélisation(80) et qui aurait sans doute suscité l’intérêt d’Hugo Grotius en matière de recomposition du lien qui unit les individus à l’Etat sur le territoire transnational.

 


(1) Grotius, Hugo. (1867) Le droit de la guerre et de la paix, Ed. Guillaumin & cie., 1e éd. 1625, pp. 91-92.
(2) Le terme de « réfugié » est volontairement utilisé par abus de langage pour faire référence à la nouvelle catégorie des « déplacés climatiques ». Cf. Latty, Franck. (2011) « Libye, Japon : la ‘responsabilité de protéger’ les populations en danger », Le Monde du 30 mars 2011.
(3) Bertrand Badie et Marie-Claude Smouts avaient ainsi titré en 1992 leur ouvrage de sociologie politique par l’expression « le retournement du monde ».
(4) Principe admis par le CNOSF. (2011) Pour une France 100% Sport. Constats, enjeux et préconisations des ateliers, Ministère des Sports, Assemblée du Sport du 29 mars 2011, p. 159.
(5) AUGUSTINI, Muriel & al. (1994) « Pratiques sportives des enfants et rôle socialisateur du sport », in Enfance (n°47-2-3), vol. 47, pp. 171-185.
(6) Cf. la mise à disposition par l’UNESCO (2011) d’un support pédagogique pour enfant intitulé « L’éducation au développement durable », 23 p. disponible en ligne sur leur site institutionnel.
(7) V. la tribune de la Fondation de France qui avance que « le développement durable n’est pas qu’une question d’environnement ».
(8) GILLET, Jean-Marc & SORZANA, Bruno. (2008) Les politiques sportives au défi du développement durable, Ed. Voiron/Presses Universitaires du Sport, 87 p.
(9) Selon la formule du CNAPS. (2002) Les sports de nature pour un développement durable, p. 90.
(10) HERNANDEZ, Jorge., MARQUINA, Viviane & GOMEZ, Raul. (2013) “On the performance of Usain Bolt in the 100 metre sprint”, in European Journal of Physics (n°34), pp. 1227-1233.
(11) BOURDIEU, Pierre. (1994) « Les Jeux olympiques. Programme pour une analyse », in Actes de la Recherche en Sciences sociales (n°103), pp. 102-103.
(12) GRIFFET, Jean & RECOURS, Robin. (2004) « Le double sens du spectacle sportif », in Agora (n°37), pp. 74-82.
(13) Cf. le rapport commandé par le Ministère de la Santé et des Sports au Professeur TOUSSAINT, Jean-François. (dir.) (2008) Retrouver sa liberté de mouvement, PNAPS, 295 p.
(14) INSERM. (2008) Activité physique. Contextes et effets sur la santé, Expertise collective, synthèse et recommandations, Ed. Inserm, 147 p.
(15) TOUSSAINT, Jean-François. (2009) Le sport, c’est la santé ? Ed. INSEP, coll. Les cahiers de l’Insep, 383.p.
(16) PIERRE, Julien & BARTH, Isabelle. (2010) « Un esprit sain dans un corps sain : promouvoir le sport au travail », in Gestion, vol. 35, pp. 86-94.
(17) Voir les publications à l’Université de Strasbourg de PIERRE, Julien. (2011) « Je me mets au sport au boulot ».
(18) LEROUX-SOSTENES, Marie-Josèphe & ROUVRAIS-CHARRON, Chantal. (2010) « Les attentes et les effets du sport sur la santé mentale et physique des travailleurs âgés et des retraités : le cas du golf », in Gestion, vol. 35, pp. 95-101.
(19) CAUVIN, Pierre. (2007) La cohésion des équipes. Ed. ESF Editeur, 220 p.
(20) « Sur la base de l’expérience réussie des Écoles ouvertes au Brésil, qui a été reproduite dans cinq pays d’Amérique centrale et en Guinée-Bissau avec le soutien du Brésil, l’UNESCO continue de mobiliser, ou de réinsérer dans la société, les jeunes touchés par la violence, au moyen d’activités artistiques, culturelles, d’entrepreneuriat social, de loisirs et de sport », UNESCO. (2012) Engager la jeunesse pour la paix et le développement durable. Quel rôle pour l’UNESCO en 2014-2021 ? Consultation de la Directrice générale de l’Unesco avec les Etats membres du 21 novembre 2012, 4 p.
(21) Alain. (Emile Chartier, 1868-1951) (1928) Propos sur le bonheur, Ed. Gallimard, 2e éd., p. 112.(22) TREVES, Eddy. (1967) « D’un humanisme de la paix à un humanisme du développement… UNESCO : 1946-1966 », in L’Homme et la société (n°4), pp. 241-245.
(23) COMPAORE, Delphine. (2012) Le sport, analyseur de la place de l’Afrique dans la coopération internationale(…), Thèse en Sciences du sport, t.1, CIAMS, 372 p.
(24) GABAS, Jean-Jacques. (2002) Nord-Sud : l’impossible coopération ? Ed. Presses de Sciences Po, p 11.(25) Ibid. p. 91.
(26) On note que son fils, Pierre-Marie Dupuy, sera également Professeur de Relations internationales à l’Institut des Hautes Etudes Internationales et du Développement de Genève.
(27) Cf. le Colloque « Paix et développement : quels chemins ? », Village de la solidarité internationale à Lyon du 16 au 18 novembre 2012.
(28) V. la bibliographie critique « Le développement, la justice et la paix », in Population (n°6), p. 1136.(29) Résolution A/RES/58/235 du 25 février 2004.
(30) WILTZER, Pierre-André. (2004) « Vers une paix et un développement durables en Afrique », in Afrique contemporaine (n°209), pp. 23-37.
(31) Site de l’UNOSDP.
(32) Site de la Chaire.
(33) Site du Center for Sport, Peace and Society.
(34) Site du Centre for Peace and Reconciliation Studies .
(35) RICHARDS, Paul. (1997) “Soccer and Violence in War-Torn Africa: Soccer and Social Rehabilitation in Sierra Leone”, in G. Armstrong & R. Giulianotti (dir.), Entering the Field: New Perspectives in World Football Ed. Berg, pp. 141-157.
(36) KEIM, Marion. (2006) “Sport as Opportunity for Community Development and Peace Building in South Africa”, 10-12 april 2006, International Conference on Sport and Development at University of the Western Cape, 11 p. ; (2003) Nation Building at Play, Sport as a Tool for Social Integration in Post-apartheid South Africa, Ed. Aachen, 300 p.
(37) CARDENAS, Alexander. (2013) “Peace Building Through Sport ? An Introduction to Sport for Development and Peace”, in Journal of Conflictology (n°1), vol. 4, pp. 24-32.
(38) WILLIS, Owen. (2000) “Sport and Development: The Significance of Mathare Youth Sports Association”, in Canadian Journal of Development Studies (n°3), vol. 21, pp.825–849.
(39) Site de l’ONG Mathare Youth Sports Association : <http://www.mysakenya.org/>.
(40) V. le guide des bonnes pratiques du programme Football for Development (p.9) développé entre l’Institut viennois pour le dialogue international et la coopération du gouvernement autrichien, l’Organisation Mahatma Ghandi pour les Droits humains de Hongrie et la Fédération Internationale de Football Association.
(41) Site de l’ONG Play the Game .
(42) L’ONG Play the Game est représentée au groupe d’experts de l’Union européenne sur la bonne gouvernance dans le sport créé par le Conseil des ministres, au Comité consultatif de l’Accord partiel élargi sur le sport du Conseil de l’Europe. Elle a été invitée à témoigner devant le Parlement allemand en 2011, le Parlement européen en 2012 et l’Organe consultatif du Commonwealth sur le sport en 2013. Elle est par ailleurs conseiller auprès du comité de rédaction du Conseil international des sciences du sport et de l’éducation physique (CIGEPS/ICSSPE).
(43) Site de l’ONG Right to Play.
(44) Site de l’ONG Sport Sans Frontières.
(45) Nous signalons par ailleurs qu’au même moment s’est créée une autre ONG francophone au Congo, le 20 mars 1999, avec la Ligue Sportive pour la Promotion et la Défense des Droits de l’Homme, présidée par Me Alain Makengo, Avocat au Barreau de Kinshasa.
(46) DAVID, Charles-Philippe. (2004) La Guerre et la Paix, Ed. Presses de Sciences Po, p. 281.
(47) EVANS, Gareth. (2006) « Prévenir les conflits : un guide pratique », in Politique étrangère, 2006/1, pp. 91-104.
(48) FOFACK, Eric-Wilson. (2012) « L’ONU face aux conflits en Afrique centrale post-guerre froide, 1990-2004 », in P-B Essomba (dir.) Guerres modiales et conflits contemporains (n°248), pp. 83-96.
(49) FOUCHER, Vincent. (2007) « “Tradition africaine” et résolution des conflits », in Politix (n°80), pp. 59-80.
(50) CLASTRES, Patrick. (2004) « La renaissance des Jeux Olympiques, une invention diplomatique », in Outre-Terre (n°8), pp. 281-291.
(51) GYGAX, Jérôme. (2005) « Diplomatie culturelle et sportive américaine : persuasion et propagande durant la guerre froide », in Relations internationales (n°123), pp. 87-106.
(52) CARRON DE LA CARRIERE, Guy. (2009) « Les acteurs privés dans la diplomatie », in Les cahiers Irice (n°3), pp. 41-58.
(53)DERISBOURG, Jean-Pierre. (2000) « Cuba et les Etats-Unis », in Politique étrangère, vol. 65, pp. 123-134.
(54) Discours de Condoleezza Rice du 18 novembre 2009 nominant le joueur de Baseball Ken Griffey représentant des Etats-Unis à l’étranger, LEVITAN, Paul. (2009) « Le rôle important du Baseball dans la diplomatie publique du département d’Etat ».
(55) Site de l’ONG Peres Center for Peace.
(56) V. la brève sur l’agence d’Israël.
(57) Site internet de l’ONG Football4Peace.
(58) SUGDEN, John. (2008) “Anyone for Football for Peace ? The challenges of using sport in the service of co-existence in Istael”, in Football and Community, Soccer & Society, vol. 9, pp. 405-415.
(59) SCHULENKORF, Nico & SUGDEN, John. (2011) “Sport for Development and Peace in Divided Societies : Cooperating for Inter-Community Empowerment in Israel”, in European Journal for Sport and Society (n°8), pp. 235-256.
(60) SMOUTS, Marie-Claude. (1998) Les nouvelles relations internationales, Ed. Presses de Sciences Po, p 135.
(61) Site internet de l’ONG Cross Cultures Project Association.
(62) V. le guide des bonnes pratiques du Conseil de l’Europe, EPAS. (2011) Sport in Post-Conflict Societies, Ed. COE, p. 17.
(63) WAGUE, Cheikhna. (2006) « Quand les identités sociales s’affrontent, la coexistence devient difficile au Fouta Toro », in Hypothèses, 2006/1, pp. 215-226.
(64) HAASO-BASTIN, Lucyna. (2013) « La Bosnie enfin unie, par un ballon », in Presseurop.eu.
(65) DARNELL, Simon. (2011) “Conflict, Education and Sport. Responses, Cautions and Questions”, in Conflict & Education (n°1), 7 p.
(66) En décembre 1914, les tranchées du Nord de la France lors de la Première Guerre Mondiale ont connu plusieurs épisodes de trêve (qui ont consacré l’expression « trêve de Noel ») où les soldats allemands, anglais et français se rencontraient pacifiquement lors de matchs de football. Ces évènements ont été rapportés par plusieurs ouvrages dont celui de CARION, Christian. (2005) Joyeux Noël, Ed. Perrin, 177 p., adapté la même année dans un film éponyme.
(67) WACQUET, Arnaud. (2011) « La France en guerre, un creuset interculturel et sportif…(1914-1919) », in Sciences sociales et Sport (n°4), pp. 141-163.
(68) ROBENE, Luc. (dir.) (2013) Le sport et la guerre, XIXe et XXe siècles, Ed. Presses Universitaires de Rennes, 500 p.
(69) BROHM, Jean-Marie. (2004) « La compétition, c’est la mort », in Outre-Terre (n°8), pp. 181-190 ; (1976) Sociologie politique du sport, Ed. Delarge, p. 181.
(70) DUNNING, Eric & ELIAS, Norbert. (1982) Sport im Zivilisationsprozess, in Lit Verlag, vol. 8, 152 p., trad. EN (1986) Quest for Excitement : Sport and Leisure in the Civilizing Process, Ed. Basil Blackwell, 313 p., trad. FR (1994) Sport et civili-sation. La violence maîtrisée, Ed. Fayard, 392 p.
(71) CALLEDE, Jean-Paul. (2007) La sociologie française et la pratique sportive, Ed. Maison des sciences de l’homme d’Aquitaine, p. 294.
(72) BOURG, Jean-François. (1992) « Economie du sport et éthique », in ETVDES, t.376/1, pp. 51-62.
(73) BASSON, Jean-Charles & SMITH, Andy. (1998) « La socialisation par le sport : revers et contre-pied », in Annales de la recherche urbaine (n°79), pp. 33-39.
(74) Cf. sur ces différents concepts et champs d’étude, DIEHL, Paul & GREIG, Michael. (2005) “The Peacekeeping-Peacemaking Dilemna”, in International Studies Quarterly (n°49), pp. 621-645.
(75) Rapport en ligne
(76)  U.E. (2007) Livre blanc sur le sport, Commission européenne, p. 17.
(77) Résolution A/RES/67/296 du 23 août 2013
(78) La pax sportiva constitue la théorie fondamentale élaborée par Alexandre Durand et appliquée à l’espace transnational du réseau en Sport pour le Développement et la Paix. Cette théorie des relations transnationales en science politique résulte en partie de la transposition des principes posés par le droit transnational. Latty, Franck. (2007) La lex sportiva : recherche sur le droit transnational, coll. Etudes de droit international, Leiden/Boston, Martinus Nijhoff Publishers, 849 p.
(79) DUPUY, René-Jean. (1992) « L’ingérence internationale, jusqu’où ? Le droit d’assistance humanitaire », in ETVDES, t. 376/1, pp. 15-23.
(80) BAYLE, Emmanuel. (2010) « La gouvernance des fédérations d’associations chargées d’une mission de service public : le cas des fédérations sportives françaises », in Politiques & Management Public, vol. 21/7, pp. 121-142.

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