Quatre millions d’habitants pendant quatre mois : avons-nous été réactifs à la situation sociale et sanitaire à Abidjan?

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Les populations d'Abobo ont fui les combats ©Irin
Les populations d'Abobo ont fui les combats ©Irin

L’instabilité politique de la Côte d’Ivoire dure depuis la mort, en 1993, du président Houphouët Boigny, qui avait gouverné le pays depuis son indépendance. La population du pays s’est par ailleurs considérablement appauvrie. Le secteur informel est en pleine expansion, là où régna l’Etat providence. Avant la crise électorale de novembre 2010, la moitié des ivoiriens vivaient avec moins de un dollar par jour.

Les ressources ne sont pourtant pas négligeables : il y a du pétrole, du café et du cacao. San Pedro est le premier port d’exportation de cacao au monde. Le cacao constitue avec le café 40% des recettes d’exportation et 20% du produit intérieur brut (Le Monde du 14 avril). Le retentissement des crises et guerres que ce pays a traversées depuis plus de dix ans, sur l’état de santé de sa population, sur l’émergence de nouveaux risques sanitaires, sur l’offre de soins et sur l’accès économique et financier des populations aux services et aux médicaments, n’a pas été analysé. Il est temps de le faire sérieusement.

Une mission conjointe associant l’Etat de Côte d’Ivoire, la société civile ivoirienne, la France, l’Union européenne, la Banque Mondiale, les Etats-Unis, les agences de l’ONU et des fonds mondiaux, pourrait être réunie dans les plus bref délais, et procéder à une analyse claire: quelles sont les priorités de l’heure, quelles stratégies préconiser pour remettre en route l’offre de soins, quels moyens humains et financiers mettre à disposition de la reconstruction d’une politique, d’une stratégie et du système sanitaires ivoiriens.

Intéressons-nous dans l’immédiat à la crise post électorale à Abidjan. Qu’avons-nous observé?

Les témoignages et les constats sont accablants

Face à l’impasse des négociations politiques africaines et internationales, l’Union européenne et la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO) prennent des sanctions économiques et financières à l’encontre du régime de Laurent Gbagbo avec notamment le blocage des comptes ivoiriens de la Banque centrale. La paralysie du système bancaire privé qui s’ensuit empêche de nombreux habitants d’accéder à leurs revenus. Les prix des denrées alimentaires de base, riz et poisson, flambent, ainsi que ceux du charbon, du carburant et du gaz. Le secteur informel se paupérise très rapidement. Les comptes bancaires à l’étranger des ports de San Pedro et d’Abidjan sont bloqués. L’activité du port d’Abidjan est réduite de 80%, les navires redirigés. La raffinerie n’approvisionne plus le pays en carburants.

Tout ceci a pour effet de retarder l’importation, l’approvisionnement et l’acheminement des médicaments vers les centres de santé et les hôpitaux du système public et des fournisseurs privés, sans que les organisations internationales n’anticipent et ne parent dans le même temps à ces dysfonctionnements, avant que la sécurité ne devienne pour quelques semaines le seul enjeu. Le président de l’Ordre des médecins de Côte d’Ivoire, enregistré en direct lors de l’émission « Priorité santé » le 2 mars, alerte la communauté internationale sur Radio France Internationale, prévenant que la Pharmacie nationale de la santé publique du pays, dont les équilibres financiers sont précaires, ne dispose plus que de quelques semaines de stock de médicaments, et lance un appel à l’aide. A-t-il été entendu ?

Quelques jours plus tard, le 7 mars, le rapport de la « Humanitarian Country Team » de l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire atteste que la crise post électorale a des conséquences sanitaires dramatiques dans l’ensemble du pays. Nous y lisons que la nourriture est rare, que les enfants ne vont plus à l’école, que le système de santé n’est le plus souvent plus en mesure d’offrir des soins, notamment en raison de l’insécurité, de la destruction des infrastructures, de la fuite des personnels de santé des zones de conflits armés, de la suspension dans plusieurs régions du réapprovisionnement des formations sanitaires en médicaments. La situation au nord et à l’ouest du pays est particulièrement préoccupante sur le plan humanitaire. Nous n’avons pas d’information sur l’accès des malades chroniques (maladies cardiovasculaires, cancers, diabète, etc.) aux médicaments vitaux pour eux. Nous sommes quatre mois après les élections, les règlements de comptes violents ont déjà commencé à Abidjan. Les populations fuient le quartier d’Abobo. Nous ne savons pas quelle assistance ils reçoivent, ni de qui. Qui se le demande ?

Ce rapport de l’ONU, qui circule entre les professionnels, ne semble pas avoir été répercuté au niveau médiatique. Dans un premier temps, les organisations de l’ONU, avec Action contre la Faim et Médecins sans frontières, d’autres associations, mettent en place à Abidjan une instance de concertation et se préparent à répondre.

D’après les témoignages que nous recevons tout au long du mois de mars en provenance des quartiers d’Abobo et de Yopougon, les interventions des équipes humanitaires ne sont pas perceptibles : ces quartiers comptent plus d’un million d’habitants chacun. L’ONU appelle les bailleurs de fonds à l’aide financière. Les équipes humanitaires associatives donnent incontestablement tout ce qu’elles peuvent, mais ce n’est qu’une goutte d’eau. L’actualité internationale se concentre sur les événements qui se déroulent dans le monde arabe, au Japon, et dans les régions qui font l’actualité le reste du temps.

Des témoignages que nous recevons tout au long de cette période, les viols sont massifs et quotidiens, des fillettes en sont aussi victimes, livrées à elles-mêmes dans la désolation, ne pouvant pas même recourir à des soins restés payants lorsqu’ils existent. La violence sexuelle dure depuis déjà plusieurs années dans la Côte d’Ivoire en situation de conflit, avec pour seules réponses les interventions ponctuelles d’un service du ministère des affaires sociales et d’une association locale au personnel très volontaire et courageux, désemparé et démuni. Le viol comme arme de guerre est un phénomène  devenue tristement classique, mais nous savons aussi que dans les sociétés où seule la force compte, sa pratique dure au-delà de la période de guerre elle-même : soyons vigilants.

Ces faits ne sont pas retransmis par les associations ou les médias. Les ignorent-ils ? Quel soutien local ou international reçoivent ces femmes et ces fillettes et leurs familles, au moins sur les plans médical et psychologique? Les travailleurs sociaux font aussi mention d’une augmentation considérable du nombre d’orphelins du sida et de la guerre en Côte d’Ivoire, et un rapport à l’Onusida avait révélé en avril 2010 que certains d’entre eux basculaient inéluctablement dans la prostitution infantile. C’est là un marqueur qui en dit long sur la situation sociale et économique du pays. Des réponses concrètes sont-elles envisagées? La situation concernant les malades atteints de sida a été dénoncée le 5 avril (Xavier Anglaret, Le Monde).

Malgré une offre de soins dévastée depuis plusieurs mois, en réalité depuis plusieurs années, dans ce pays où le budget du ministère de la santé est de moins de 4% du budget de l’Etat en 2010, la tarification des soins et le paiement des soins par les usagers de plus en plus paupérisés, continuent d’être en vigueur, sans que le système prenne la mesure de tous les exclus de fait. Ni du côté national, ni du côté régional ou international nous n’avons entendu une prise de position politique en faveur de la gratuité des soins en Côte d’Ivoire. Cette décision n’est pas davantage exprimée en pleine guerre civile, en avril 2011! Ceci nous surprend d’autant plus que plusieurs pays de la région, dont les populations vivent en paix, ont instauré, depuis plusieurs années pour certains, la gratuité des soins au moins en faveur des femmes et des enfants.

Selon les témoignages que nous recevons d’Abidjan, alors qu’il leur est impossible de payer un séjour à la maternité, ou même de recevoir une transfusion de sang, les femmes accouchent dans des conditions indescriptibles et meurent seules exclues des maternités, ignorées même des systèmes. Elles ne comptent décidément pour personne.

Les réactions et les opérations se mettent en place lentement

Face à cette situation, dont nous avons connaissance en privé, qui n’est pas détectée, en tout cas pas décrite, alors qu’elle est particulièrement alarmante au Nord –mais les envoyés spéciaux des chaînes de télévision sont ailleurs–, et qui va s’aggraver tout au long des mois de mars et avril pendant que les discussions se poursuivent au sein de la CEDEAO, la réponse tarde à venir ne serait-ce que sur le plan politique. Bien que l’Union européenne, au travers de son Office de coopération humanitaire (ECHO), ait annoncé le 17 mars une aide de 30 millions d’euros,  un mois plus tard la concrétisation sur le terrain de cette aide est invisible.

Quelles sont les ONG internationales prestataires? Que font-elles, à quels endroits ? Médecins sans frontières semble être la seule ONG internationale intervenant dans les quartiers d’Abidjan tout au long du mois de mars et en pleine guerre civile. Pendant toute la durée des combats entre les deux camps, l’insécurité empêche même l’ONG internationale de porter secours aux populations privées de tout dans la capitale: pas d’eau, pas de nourriture, pas de soins. Des couloirs humanitaires n’ont pas été dégagés. La distribution de nourriture et de médicaments par hélicoptère dans les quartiers terrorisés d’Abidjan ne semble pas avoir été envisagée. Les médias commentent la situation politique, la guerre, les issues potentielles de la crise politique, voire même les lendemains. La situation sanitaire de la population de la capitale n’est pas commentée pendant les quatre premiers mois de la crise post électorale, même lorsque quatre millions d’habitants sont cloitrés dans leurs maisons et affamés pendant les semaines de tirs à l’arme lourde et d’insécurité totale dans tous les quartiers, alors que les structures de soins et les pharmacies sont fermées, laissant les urgences, les blessés par balles, y compris les enfants, les femmes enceintes et les accouchées, les femmes et filles violées dans le désespoir le plus absolu.

A la mi-avril, les médias rapportent les propos du CICR et de l’ONU : alors que la communauté internationale a pris la mesure de ce qui se passe à l’ouest du pays, elle découvre une situation humanitaire « dramatique » à Abidjan. Il n’y a plus de provisions, et pas de médicaments.

Quelles interventions s’ensuivent ? Que fait le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), à part constater ? Les bailleurs de fonds ont-ils répondu à l’appel qui leur a été adressé le 7 mars ? Qu’ont préparé le Programme Alimentaire Mondial, l’Organisation Mondiale de la Santé, l’ONUSIDA pour faire face à la situation? MSF poursuit son travail de fourmi. Sommes-nous seuls à nous demander quelles réponses sont, ou seront, apportées? Silence radio. Silence presse. Silence ONU. Silence Monde. Une éternité pour ces hommes et ces femmes qui se demandent jour après jour si vraiment personne dans ce monde ne se préoccupe de leur sort. Puis vient l’arrestation de Laurent Gbagbo.  Pendant plusieurs jours les échanges médiatisés porteront toujours sur le niveau politique de l’événement, puis sur le plan économique avec l’annonce de la levée des sanctions par l’Union européenne.

Les enfants vont-ils faire une année blanche ou repartir à l’école ? Le redémarrage du système bancaire ivoirien va demander plusieurs semaines. L’économie sera relancée en plusieurs mois, voire plusieurs années. Pendant que la réponse humanitaire n’est pas commencée sur le terrain, les institutions internationales passent directement à la phase suivante: dès la chute de Laurent Gbagbo, la Banque mondiale appelle la communauté internationale à financer la « reconstruction du pays ».

L’Union européenne répond présent pour 180 millions d’euros. La France met 400 millions d’euros sur la table qui devraient être affectés en priorité au paiement des salaires des agents de sécurité (Le Monde du 14 avril). La reconstruction est-elle possible si l’élémentaire continue de manquer ?

D’ici là, aujourd’hui et demain, alors que les pillages et les « ratissages » se poursuivent et que les tirs reprennent à Yopougon ce vendredi 15 avril, les populations peuvent-elles se nourrir, de soigner, les médicaments être livrés, les centres de santé ouvrir, les personnels de santé rejoindre leurs postes ? Le 14 avril c’est Action contre la Faim, qui intervient jusque là pour l’essentiel dans l’ouest du pays, qui annonce une aide alimentaire à Abidjan.

Quand les populations seront-elles servies sur place, et comment feront-elles en attendant dans la capitale : « on ne mange pas tous les jours, parfois on mange un repas par jour». La situation sanitaire dans la capitale est telle que la crise alimentaire et le risque épidémique nous défient.

Combien de temps faudra-t-il encore aux pays riches pour prendre conscience que le peuple ivoirien attend d’eux une aide humanitaire urgente et massive concrète pour manger, boire, se soigner, repartir à l’école et reprendre ses activités?

En conclusion

Qu’elle provienne des hommes politiques, des administrateurs des grandes organisations internationales, ou des journalistes, la situation abidjanaise a été  analysée et retransmise pendant tous ces derniers mois dans ses dimensions politique, militaire, aujourd’hui économique. Il n’est pas, ou beaucoup trop peu, et beaucoup trop tardivement, question des personnes qui subissent le drame dans leur chair, des réalités sanitaires et sociales quotidiennes de la vie des habitants. La santé n’est pas une priorité politique, nous le savions. Les réalités sont lointaines et interprétées, atténuées, édulcorées.

Il serait intéressant de compter le nombre de fois où l’expression « au bord de » (au bord de la guerre civile, au bord de la crise humanitaire, etc.) a été employée par ces mêmes hommes politiques, administrateurs et journalistes, alors même que le pays et la capitale étaient effectivement plongés dans la guerre, alors même que durait sous nos yeux une crise alimentaire, sanitaire et humanitaire d’une ampleur sans précédent en milieu urbain sur le continent africain.

La déshumanisation de l’analyse politique : pourquoi
avons-nous tant de mal à voir là-bas des enfants, des femmes et des hommes?

Si nous tentons de comprendre pourquoi il a fallu que la capitale sombre dans la guerre pour que les médias donnent le micro à des habitants, toute une série de questions nous submergent :

La Côte d’Ivoire, qui a longtemps été le pays phare de toute l’Afrique de l’ouest, a-t-elle su donner le change au point de masquer son appauvrissement considérable depuis vingt ans et d’interdire notre compréhension des réalités sociales et sanitaires du pays dans les années 2000?

Les journalistes n’ont-ils pu travailler qu’à Abidjan ? La situation était-elle plus dangereuse ailleurs dans le pays pour ces reporters aguerris? En quoi ?

S’agit-il d’un fait conjoncturel ? L’actualité internationale, énorme au cours de la période, a-t-elle limité l’attention portée à la Côte d’Ivoire dans les premiers mois? Pouvions-nous être sur tous les fronts à l’international (monde arabe, Moyen-Orient et Japon en plus de toute l’actualité mondiale). Intervenir en même temps dans toutes les régions de Côte d’Ivoire ? Sommes-nous, hommes politiques et élus, personnels humanitaires des ONG, administrateurs des grandes institutions,  assez nombreux sur ces thématiques pour tout couvrir, répartir nos envoyés spéciaux, nos experts, nos médecins? Sinon, pourquoi? Quelles leçons devrons-nous tirer de ces incapacités s’il en est?

Certaines des questions ont trait à la toile de fond de la coopération: reconnaître ces réalités nous obligerait, au moins moralement, à y répondre. Le voulons-nous, le pouvons-nous? En retirant l’expertise long terme de la coopération française (assistants techniques, chercheurs, etc.) n’avons-nous pas aujourd’hui une connaissance seulement théorique et datée, dépassée, des réalités africaines ?

L’opinion française ou européenne est-elle sensible ? Avons-nous conscience des souffrances endurées par ces hommes et de ces femmes? Eprouvons-nous encore de la compassion pour les Africains, inondés que nous sommes d’images sordides de massacres desquelles nous nous protégeons ? L’Afrique nous intéresse-t-elle toujours si nous en recevons toujours les mêmes relents de scandales obscurs de la Françafrique, au lieu de nous intéresser aux dynamismes, aux promesses, à l’avenir, aux contributions positives et constructives qui émergent du continent?

Ou bien est-ce que la représentation des Africains que notre société cultive se réduit à celle d’une image d’immigrant menaçant ?

Que retenir pour l’avenir ?

De la même façon que des systèmes d’alerte et de surveillance épidémique sont mis en place, il s’agit de concevoir des dispositifs d’alerte sentinelle de la situation humanitaire et de l’information de populations des régions en situation d’instabilité politique et économique, afin de répondre précocement aux constats ainsi détectés.

De toute évidence la Côte d’Ivoire ne se reconstruira pas sans une aide internationale massive à la reconstruction sanitaire et sociale avant tout. Ces dimensions doivent être des priorités absolues nationales, régionales et internationales, de l’aide immédiate et de la reconstruction. Les fondations du développement reposent sur les piliers de la santé et du développement social. N’oublions pas que la plus grande partie de la population a moins de 30 ans. Il s’agit d’éduquer, de former, d’instruire, de soigner, de donner des emplois à ces jeunes. Le pays a la chance d’avoir une récolte prometteuse de cacao cette année, et de pouvoir compter a priori sur des ressources financières nationales pour y contribuer.

Du côté de la France, cessons d’insulter et d’imprégner toutes les formes de coopération du spectre de la Françafrique: la coopération sanitaire française a été un secteur exemplaire de la coopération française jusque dans les années 2000, dont les instituts de recherche ont fait partie tels l’Institut Pasteur, l’Agence nationale de recherche sur le sida et l’Institut de recherche pour le développement. Dans les années 2000 les hommes politiques privilégient le financement des fonds mondiaux plutôt que l’aide bilatérale. Il s’agit d’équilibrer le recours à ces instruments.

Cessons d’entretenir une vision financière du développement. Des hommes et des femmes doivent être mobilisés aussi, et travailler sur le terrain, c’est le fondement même de la co-opération. Les jeunes sont prêts en Europe à se donner à leur tour.

Le continent africain va compter près de deux milliards de personnes en 2050. Il est capital de discerner politique de développement et politique d’immigration : elles ne relèvent pas des mêmes objectifs, expertises et moyens. La confusion des genres nuit aux images. L’homme n’est pas une image ou une représentation. Il s’agit de répondre à des réalités.

 

Dominique Kerouedan

Dominique Kerouedan

Dominique Kerouedan est fondatrice et conseillère scientifique de la spécialisation « Global health » à l’Ecole des affaires internationales de Sciences Po. Titulaire de la chaire Savoirs contre pauvreté au Collège de France, 2012-2013.

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