Informer un large public sur la solidarité internationale et ses acteurs, proposer des clefs de lecture qui permettront à chacun soit de mieux comprendre les enjeux de cette solidarité, de mieux se situer dans ce vaste élan, car nous sommes nombreux à agir, partir… tel est le pari de « Là-Bas ». Autre pari, ce magazine mensuel est vendu en kiosque et entend prouver qu’il y a une place pour l’entrepreneuriat et l’indépendance dans le mouvement humanitaire. Et un public pour suivre.

« Ils aident là-bas, on en parle ici ». Bien plus qu’un slogan, c’est une réalité. Mais une réalité qui a de multiples et complexes visages que les grands médias ne reflètent pas. Ou simplement le temps d’une crise majeure. Mais une actualité en chasse une autre, et trop souvent il faut attendre une date dite anniversaire pour revoir des images, lire des reportages et des analyses… Il en va ainsi d’Haïti pour ne prendre que cet exemple emblématique.

Ce fonctionnement des grands médias – télévisions, radios, presse écrite nationale, a sa logique propre. Dans cette lourde machine à informer, les ONG occupent une place non négligeable. D’abord comme producteurs d’informations, de rapports, de contenus. Enfin comme sources directes pour les journalistes, sur le terrain. Dans cette relation ONG – médias, l’organisation humanitaire joue son image et cette image ne doit pas être écornée. Le « vieux » couple a ses codes, respectés de part et d’autre. Chacun sert l’autre et se sert de l’autre. Que dire des ONG qui fournissent clefs en main des « reportages » aux médias, bons à diffuser? La maîtrise de son image par l’ONG elle-même peut aboutir à oublier ce qu’est le travail journalistique.

J’ai choisi de créer « Là-Bas » en comptant uniquement sur le produit de ses ventes et de ses abonnements, et avec un peu de chance de quelques pages de publicité. Un modèle classique en fait, déjà mis en œuvre pour parler de tatouage, de cyclisme, de 2CV ou de modélisme : des titres « de niche » qui s’adressent à un public identifié en lui proposant un rendez-vous régulier. Un modèle économique spécifique à un secteur de la presse magazine qui, s’il stagne effectivement, ne connait pas la grave crise des quotidiens.

Cette création est donc une aventure commerciale : il s’agit de vendre un produit et de trouver son public. « Là-Bas » s’adresse à celles et ceux qui connaissent la solidarité internationale, parce qu’ils s’y sont engagé ou qu’ils souhaiteraient le faire, parce qu’ils ont connu les pays en voie de développement et pourraient y retourner. Pour exister, il va devoir vendre 9 000 exemplaires chaque mois en kiosque et développer rapidement sa base d’abonnés. De ce fait, la couverture est formatée pour attirer l’oeil, le titre est court, la ligne éditoriale réserve une certaine place aux bonnes nouvelles, et la lecture aisée. Nous avons bien l’ambition de toucher ce qu’on appelle le grand public.

Chaque numéro proposera des reportages, des dossiers et des articles de fond rédigés par des journalistes professionnels. Ce sont eux qui vont au devant des ONG et des autres acteurs de l’humanitaire pour approfondir leurs sujets, recueillir leurs informations et explorer des problématiques transversales : peut-on avoir un impact positif en agissant par le sport ? Le Sénégal a-t-il encore besoin des ONG ? Le dessalement est-il une solution pour résoudre l’accès à l’eau potable ? Comment fonctionne l’aide japonaise ? Le contenu éditorial est donc inédit. Et très varié.

« Là-Bas » est dès aujourd’hui disponible en kiosque. J’ai la prétention de croire qu’un tel média indépendant profitera à tous : aux ONG elles-mêmes, aux acteurs de la solidarité et de l’action humanitaire « anonymes », vous et moi qui pouvons donner un peu de notre temps. Nous allons résolument à la rencontre de ce public soucieux de porter un autre regard sur le monde et de partager des expériences de solidarité.

 

Bruno Le Bansais

Bruno Le Bansais

Bruno Le Bansais est le fondateur du magazine Là-Bas.

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Bruno Le Bansais est le fondateur du magazine Là-Bas.