Coopérations et solidarités internationales : questions de formation pour ouvrir un débat…

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© Jhano

Au seuil de présenter quelques remarques sur la formation des acteurs de l’humanitaire, pour répondre à l’amicale sollicitation de Grotius International, j’ai été pris de quelques scrupules. Le premier étant que je ne dirige pas une formation exclusivement dédiée à l’humanitaire. Ni ne suis un «spécialiste» de l’humanitaire. Mais s’agissant de l’humanitaire, et c’est mon second scrupule, le terme même, en ce qu’il véhicule d’idéologique, me pose de plus en plus problème. Sans compter l’extrême diversité que recouvre, en termes d’actions et de conceptions voire de finalités, ce qui fait bien souvent figure de label voire de sésame.

De telles remarques à l’emporte-pièce ne signifient pas, on l’aura compris, ou du moins me l’accordera-t-on, que je mette en cause les formations existantes qui s’y consacrent, ni bien sûr les actions humanitaires (qui certes pose aussi nombre de problèmes, comme en témoignent de pertinentes études venant précisément de leurs acteurs) et encore moins le droit humanitaire, ce qui va sans dire. D’autant que dans la formation que je dirige il y une forte présence de l’humanitaire, tant au niveau du droit que des ONG et de l’action proprement dite. Et qu’en particulier des amis et collègues de longue date, collaborateurs ou responsables de grandes et petites ONG humanitaires, y interviennent régulièrement.

Mais je voulais également marquer d’entrée ce point d’interrogation pour une réflexion à venir sur le lexique et la sémantique des formations de cette famille, et plus généralement sur leurs langages, donc sur leurs finalités, qui concerne aussi bien le développement, fût-il qualifié de durable, que les invocations et les usages de la société civile, locale ou internationale, mais aussi la bonne gouvernance et l’Etat de droit, la justice et la paix, sans oublier les Droits de l’Homme et la démocratie, pour en indiquer quelques autres. La liste n’est pas limitative et elle engage in fine ce que nous entendons par « coopération » et « solidarité », et ce que véhiculent de représentations et de conceptions, déjà objets de questionnements, ces termes emblématiques.

De ma propre expérience…

Mais sans doute pour y accéder faut-il partir de ce que nous faisons. Je parlerai donc plus spécifiquement de certaines des questions de formation que je rencontre pour ma part, avec mon collègue André Mvogo, dans le Master : « Coopérations et Solidarités Internationales » que je dirige à l’Université d’Evry. Manière de lancer un débat, si d’autres pensent aussi qu’il doit être mené, au-delà même de ce qui est abordé ici, et de faire une proposition de Colloque sur ce thème de la formation et de la professionnalisation dans des champs et des secteurs d’activités qui concernent, disons pour faire très court, l’action internationale non marchande, dont le profit n’est pas l’objectif mais plutôt le relèvement et/ou l’amélioration des conditions sociales et sociopolitiques critiques, tragiques et/ou endémiques, de nos contemporains dans des pays où les sociétés civiles sont affectées, pour une raison ou une autre, de graves déficits dans la jouissance de droits fondamentaux à l’existence.

Je ne doute pas que ces formulations soient quelque peu alambiquées, mais elles voudraient indiquer ce qui pourrait être le point de convergence ou le soubassement commun de multiples acteurs non gouvernementaux ou institutionnels, je pense en particulier aux collectivités territoriales, aux organisations intergouvernementales et à certaines de leurs agences, et  qui interviennent dans des champs et des secteurs d’activités à tous égards aussi divers que variés, avec des objectifs qui ne le sont pas moins. Ou plus modestement encore ces formulations pourraient être l’amorce d’une interrogation comme voie d’entrée pour le débat que je suggère.

Aussi bien ce Colloque, nécessairement international, serait-il ouvert aux professionnels comme aux enseignants chercheurs de tous bords et pourrait se tenir à l’automne 2012.Je lance l’invitation, dont Grotius veut bien se faire le support et l’écho ! Que ceux et celles qui voudraient participer à sa conception me contactent et une première esquisse pourrait en être livrée dès l’automne prochain, à discuter en vue d’un appel à communications et à tables rondes.

Quel recrutement ?

Le premier problème que je voudrais évoquer est celui du recrutement, notamment en M1. Mais s’agissant du M1 comme du M2, c’est le nombre de demandes qui frappe le plus immédiatement: nous recevons chaque année des dizaines et des dizaines de dossiers. Lesquels proviennent aussi bien de tout l’hexagone et des DOM que de l’étranger, et plus particulièrement des pays dits du Sud. Outre cet engouement, plutôt réconfortant, se pose d’entrée un problème de sélection, j’allais écrire de « tri sélectif », pas toujours simple ! Sur quels critères en effet accepter un dossier? Car il ne s’agit pas seulement d’un problème de niveau au sortir du L3 ou du M1, selon lequel on ne privilégierait que les « bons » étudiants : entendons ceux qui ont eu précédemment des mentions et ont suivi un cursus plus ou moins rectiligne sans redoublement.

Mais qu’est-ce à dire qu’un « bon » étudiant pour ce genre de formation, quelle part doit-on faire à la motivation, aux convictions et aux parcours antérieurs par exemple professionnels ou témoignant d’engagements bénévoles et associatifs ? Ces choix conditionnent la réussite future des étudiants, mais aussi le sens et l’esprit d’un type de formation à propos duquel on ne saurait béatement avancer une sacro-sainte neutralité axiologique. De telles formations sont tout ce qu’on veut sauf neutres de ce point de vue, il faut le reconnaître et même l’affirmer et le soutenir. Ce qui pose des problèmes d’éthique pédagogique et donc professionnelle pour nous. Alors quel genre d’étudiants voulons-nous former (sans les formater !)?

Quels genres de futurs acteurs de l’international non marchand (si c’est bien de cela qu’il s’agit), avons-nous en tête ? Il faut s’y faire, ce sont aussi des étudiants atypiques que nous recevons et que nous devons admettre ; et ceci comporte à l’évidence des risques d’échec, ou à un degré moindre de déception,  étant données la variété et la masse de travail exigée, les qualités intellectuelles et éthiques requises, pas toujours détectables à l’issue d’un entretien.

L’autre aspect de la question étant notre offre de formation en termes de savoirs dispensés (nous avons fait le choix de l’interdisciplinarité) et de compétences professionnalisantes (dans notre cas polyvalentes) à acquérir : ce problème est tout aussi compliqué, mais les choix effectués sont bien entendu fonction des secteurs d’activités visés et du type d’actions (donc d’activités professionnelles) auxquels préparent ces Masters.

Autre question : qu’est-ce qui attire ces étudiant(e)s dans ces champs et leurs secteurs d’activités (terminologie sur laquelle je ne puis m’étendre ici) ? Pour les étudiants postulant en M1, on peut dire qu’ils n’en ont qu’une connaissance des plus vagues ainsi que de leurs acteurs (organisations, institutions, associations), et qu’ils n’ont pas, à proprement parlé, de projet professionnel. A vrai dire rien de plus normal : c’est le choix d’une orientation pluri et interdisciplinaire à visée professionnalisante qui est censée ouvrir des perspectives alternatives au marché, à la technocratie et à l’idéologie de l’efficacité et de la rentabilité. Avec l’idéalisme de la bonne volonté voire des bons sentiments, et une dose sympathique d’utopisme : rien de récusable a priori.

Ce sont des étudiants insatisfaits du monde tel qu’il va, qui veulent contribuer à en soulager les maux voire à le transformer, et dont le projet est d’abord existentiel, parfois aussi « politique » en un sens très large mais non pas en général politique au sens spécifique. C’est la traduction d’un engagement aux expressions multiples qui se veut non partisan et non idéologique. Avec tout ce que cela peut véhiculer d’illusions. Toutes ces motivations peuvent être confuses et indéterminées, mais elles n’en sont pas moins réelles et acceptables. En tout cas nous devons faire avec et les prendre en considération au plan pédagogique qui est le nôtre.

Ce qui implique de travailler sur ces doxas. D’autant que leur demande est aussi qu’on les accompagne dans leur recherche sur ce plan, en termes de clarification et de formulation, voire de légitimation, sans obérer la libre expression de leurs idéaux et projets respectifs. Au point d’articulation de leur professionnalisation, objet de leur formation. A ce problème s’en ajoute un autre, plus proprement culturel et universitaire, qui concerne celui de leur information et de leurs savoirs, voire de leurs capacités réflexives et critiques. Nos déconvenues sont parfois à cet égard assez déconcertantes mais certainement pas inexplicables. Je ne m’y attarderai pas.

Mais telles sont au moins deux des raisons pour lesquelles nous avons tenu à ouvrir un M1, inévitablement très sélectif à la sortie pour le passage en M2, mais qui nous parait nécessaire pour répondre aux problèmes que je viens d’indiquer, les doter d’une assise interdisciplinaire forte, en comblant d’inévitables et compréhensibles lacunes, et destiné à former un noyau d’étudiants informés et formés pour un M2 plus directement professionnalisant. Capables de jouer un rôle d’entrainement et d’intégration, auprès de ceux et celles qui rentrent directement en M2.

Même si à ce niveau-là les problèmes sont moindres, un certain nombre venant de M1 voisins ou cousins de l’hexagone et des DOM ou de l’étranger. Il reste que le recrutement est très hétérogène en termes de formations antécédentes, de parcours et d’origines, ce qui représente un atout et une richesse dans une filière de ce genre.

Mais aussi une difficulté pédagogique que chacun comprendra. D’autant qu’à l’hétérogénéité des parcours s’ajoute celle des projets existentiels et professionnels déjà présents ou qui prennent corps. Et que nous devons contribuer à formuler et à configurer, ou du moins accompagner, en tant qu’ils sont singuliers et spécifiques, dans la perspective de l’acquisition d’une triple culture commune : technique, technologique et  théorique, mais aussi réflexive et éthique, sans laquelle il n’est pas de compétences professionnelles opérationnelles pertinentes. Banalités de base? Soit, mais vraiment si banales dès lors qu’il nous faut les traduire pédagogiquement, notamment en termes de cohésion et de cohérence des promotions et de la formation ? Autres problèmes à débattre me semble-t-il.

Je viens d’évoquer la présence d’étudiants étrangers. Et doit-on ajouter, à proprement parler, d’une autre nationalité, pour rompre avec l’idéologie ambiante délétère. Première remarque, leur nombre : un gros quart pouvant aller jusqu’à un tiers, voire plus à l’occasion selon les promotions. Et d’une grande variété d’origines (géopolitiques et socioculturelles). Dans ce Master, la majorité provient d’Afrique francophone subsaharienne (y compris Madagascar et les Comores). Mais aussi d’Europe (Italie, Hongrie…), d’Amérique latine (Mexique, Colombie…), du Maghreb (Algérie, Maroc…), du Moyen Orient (Egypte…), de Chine (et qui y retrouvent du travail !), et même du Tadjikistan cette année !

J’en oublie sûrement et les demandes de dossiers viennent encore d’horizons plus vastes. Il y a donc aussi à ce niveau-là un problème initial de cohésion pédagogique (et humaine) des promotions, encore que l’intégration ne pose aucun problème insurmontable ni même aigu : au moins pour la raison simple que cette diversité internationale est précisément aussi ce que viennent chercher tous ces étudiants. Mais qu’il y ait peu d’européens et pas d’anglophones (dans notre cas) est un signe qu’il reste à déchiffrer sur la base d’une analyse des types formations existantes dans ces pays, plus ou moins apparentées mais pouvant relever de toutes autres orientations.

Que le plus grand nombre vienne de pays du Sud n’est pas moins significatif : il y a un vrai désir de formation qui ne trouve pas généralement de filières adaptées. Il faudrait toutefois relativiser ce déficit. Et puis aussi, naturellement, le désir de voyager, de se frotter à l’international : ce qui est en soi on ne peut plus acceptable et tout à fait cohérent avec les objectifs poursuivis. Mais à cette variété doit s’ajouter une distinction également intéressante : certains poursuivent des études en France depuis plusieurs années, alors que d’autres y arrivent pour y compléter leur formation. Ce n’est pas tout à fait le même positionnement ni parfois le même type de projets qui les animent.

Notons, concernant ces derniers, les très grandes difficultés que nous avons à faire venir ces étudiants, surtout d’Afrique subsaharienne, et qui remplissent pourtant toutes les conditions légales. Etudiants dont nous pouvons nous porter garants pour un certain nombre d’entre eux, puisque nous y enseignons et y effectuons des missions, que nous connaissons certains des cursus qu’ils ont suivis, et que nous bénéficions des avis éclairés de nos collègues africains. On comprendra que ces étudiants soient au plus haut point motivés, et qu’ils doivent être encouragés, même s’ils doivent s’adapter à un type et à un rythme de travail inhabituels pour eux; ainsi que se posent, pour certains, y compris francophones, des problèmes relatifs à la maîtrise de la langue française. Enfin ces étudiants poursuivant leurs études en France posent un autre type de problème, car un certain nombre d’entre eux a déjà un Master et leurs motivations sont évidemment multiples : et là il faut trancher.

Mais pour ceux qui connaissent un tout petit peu ces pays, il est évident que pour leur retour professionnel dans leur pays, deux Masters valent mieux qu’un ! Si leur projet est cohérent compte tenu de leurs parcours, nous les acceptons.

Il faudrait en outre évoquer ici les problèmes auxquels se trouvent confrontés tous ces étudiants : logement, petits boulots, carte de séjour et autres, et dont nous ne pouvons complètement nous désintéresser. D’autant moins que ces problèmes ne sont pas sans rapport avec l’objet de la formation elle-même : on fait ce qu’on peut en sollicitant les leviers institutionnels et en encourageant la solidarité interne à la promotion. Mais force est de constater que nous n’avons pas toujours les moyens de bien les accueillir, loin s’en faut. Ce point aussi serait à creuser, au sein de nos Universités notamment. En tout cas que ce soit ici l’occasion de souligner leur courage, n’en déplaise aux effets de manche et à la rhétorique hideuse de certains de nos politiciens.

Notons encore que la plupart de ces étudiants, en poursuite d’études ou fraichement arrivés, n’ont pas pour objectif de rester en France, contrairement à ce qu’affirme la vulgate crypto raciste. Certains pensent aux Etats-Unis et au Canada, par exemple, voire au vaste monde comme tout un chacun. Mais la grande majorité d’entre eux vise un retour au pays avec un bon diplôme et des compétences fortes. Et qu’ils choisissent précisément ce genre de formation pour travailler dans leurs pays est aussi significatif que pertinent, et doit être encouragé. Car non seulement cela correspond à des besoins, sinon toujours à des emplois, mais parce qu’ils entendent devenir des acteurs et des interlocuteurs de la coopération et de la solidarité et non des bénéficiaires subalternes.

Tout un travail serait à faire, avec eux, sur leurs professionnalisations : où l’on verrait notamment tomber un certain nombre d’idées reçues particulièrement tordues.

Je ne puis m’étendre sur ces points, sinon pour rappeler que cette dimension internationale du recrutement dans ce type de formation est absolument essentielle. Elle fait partie de sa raison d’être et de sa vocation, tant pour les étrangers que les français, et elle est partie intégrante de leur formation. D’où, soit dit en passant, l’exigence minimum de bourses pour faire venir ces étudiants : étant donnée leur parcimonie, c’est encore un point à travailler ensemble.

Inter-culturalité

Ainsi faut-il faire valoir l’exigence de ce public international, aussi pertinent et indispensable pour les étudiants français que pour les étudiants étrangers. Et nous insurger contre les quotas aussi discriminatoires qu’aberrants et contre-productif pour le rôle international de notre pays.

C’est donc une dimension fondamentale de leurs professionnalisations respectives, non seulement par les contacts et les échanges, mais aussi par le fait qu’ils conçoivent et mènent en commun des projets, réels ou fictifs, selon des cadres de références, notamment méthodologiques, également communs. Où s’élaborent des langages communs, des manières de travailler en commun, des réflexions communes sur la pertinence des projets et les visions du monde, de soi et des autres, qui les traversent, les portent, les motivent, les configurent et en favorisent la réalisation ou en décèlent les causes d’échec.

Rien de tel que des évaluations communes où se mènent des dialogues critiques et s’éprouve une réflexivité collective sur les actions de coopération et de solidarité, qu’elles concernent l’humanitaire, le développement, l’appui à l’Etat de droit et aux organisations de la société civile, l’enfance, la formation, la condition des femmes ou tout autre domaine ou secteur avec une grande variété de partenaires. D’autant que ces étudiants, français et étrangers, sont potentiellement appelés à travailler ensemble soit au service de mêmes structures soit au sein de structures coopérantes (ONG, OIG, collectivités territoriales, administrations étatiques, associations en tout genre…).

Il va sans dire que cela pose aussi des problèmes pédagogiques qu’il serait bon de mettre en débat. Mais cela révèle également que s’y constitue l’esquisse, et parfois plus, d’une culture internationale professionnelle et idéelle pour ainsi dire transculturelle, non exclusive de spécificités reconnues et débattues, faite de valeurs partagées, et qui n’a rien de l’imposition d’une idéologie monologique. Elle relève d’une construction en devenir tout à la fois empirique et  pédagogique, pratique et réflexive pour ne pas dire théorique.

Donc à bien des égards ces formations apparaissent comme des laboratoires au sein desquels commencent à se mettre en place des langages et des pratiques communs qui préfigurent les termes d’activités professionnelles futures, mais aussi où peuvent et doivent  se déconstruire des représentations et des discours de l’altérité. Et je pense ici tout particulièrement à ce qu’il est convenu d’appeler l’« inter-culturalité », locution convenue à l’égard de laquelle je voudrais marquer mon scepticisme, voire plus. On peut bien entendu l’entendre en un sens faible et mou, tout imbibé d’un réalisme de bon sens et d’un idéalisme de bons sentiments.

Et certes il y a des différences : en conséquences nous faut-il  prendre la mesure des écarts significatifs comme nous devons relativiser nos propres certitudes et nous engager dans des processus de communication visant l’intercompréhension et la reconnaissance de l’autre. Où il s’avère qu’une éthique du respect réciproque va de pair avec la pertinence du projet et l’efficacité de sa réalisation. Mais derrière l’innocence présumée des mots il y le poids des préjugés sémantiques (et disons-le idéologiques) et leurs effets  induits qui présupposant le supposé réel (les « cultures ») en occultent les réalités et les dynamiques qui s’y produisent. Raison pour laquelle il faut manier les mots de la tribu, qui sont souvent ceux de nos enseignements et nos vecteurs pédagogiques, avec la plus extrême prudence.

Ainsi prise au sens strict, et quoiqu’on en ait, l’« inter-culturalité » renvoie au contact de cultures présumées homogènes : en quoi ce préjugé s’avère un avatar présentable du culturalisme relativiste. Or tel n’est pas le cas, concernant tout d’abord nos étudiants et le caractère international de ce type de formation, mais plutôt a-t-on à faire à des pluralismes culturels portés diversement par des identités plurielles. Nous n’y rencontrons pas de cultures « sénégalaise », « chinoise », « camerounaise » ou « mexicaine » en tant qu’entités identitaires englobantes. Pas plus d’ailleurs que « française » ! Et les formes de différenciations traversent ce qu’il est aussi convenu d’appeler les « origines ». Cette question est complexe, mais quant aux identités en présence, le plus souvent mouvantes, je préfère employer le terme plus dynamique et ouvert de cristallisations. Dont certains traits peuvent être accusés et revendiqués, rien de plus légitime, mais non exclusifs d’une culture partagée et recherchée comme telle. Notamment en termes de valeurs et d’idéaux, mais aussi bien sûr d’objectifs et de normes pratiques.

L’autre raison de mon scepticisme méfiant tient aux relations que les étudiants français et étrangers entretiennent avec leurs dites cultures d’ « origine » : elles sont le plus souvent en décalage conflictuel. Ce sont des constructions d’identités, plutôt qu’identitaires, en devenir et transformatrices de ces « origines », généralement critiques voire très critiques lors même que ce n’est pas exprimé explicitement.

On voit combien le caractère international de ces formations est une condition sine qua non de la réalisation de leurs objectifs de professionnalisation et que s’y effectue sur ce plan, au-delà même des savoirs et des compétences acquis, un travail intellectuel propre à rectifier les travers des conceptions qui président aussi spontanément que lourdement aux  projets et aux interventions d’urgence ou plus pérennes. Sans compter que nous y formons de futurs professionnels étrangers qui en retour éclairent les conditions dans lesquelles s’effectuent les projets de coopération et les actions de solidarité. Certes à une échelle modeste, partielle et fragmentaire, selon les formations et les promotions, mais leur présence active et les échanges auxquels elle donne lieu impulse des désirs de connaître et une indispensable réflexivité critique, d’autres manières de concevoir la coopération et la solidarité internationale. Et ceci devrait donner lieu, donne déjà lieu, à des initiatives d’innovations pédagogiques.

Parmi celles-ci j’aimerais en relever trois ou quatre. La première serait la mise en réseau des formations de cette famille pour des séminaires et visioconférences communes, voire des projets communs et des échanges de bonnes pratiques. Des étudiants de Masters d’Ile de France s’y sont déjà engagés. En second lieu la présence d’enseignants et chercheurs, mais aussi de professionnels étrangers m’apparait indispensable, qu’ils y assurent des cours ou donnent des conférences : nous nous y essayons, comme d’autres, dans une proportion déjà significative, mais les moyens budgétaires restent modiques hélas. Cependant nos formations sœurs et voisines pourraient associer et composer leurs forces (organiser des tournées).

La troisième initiative est l’instauration de relations de partenariat avec des Universités du Sud qui s’engagent aussi dans la création de ce type de formation. Et c’est une forme de coopération éminente et efficace dans le champ de la formation. Nous en avons créé deux, avec des collègues camerounais et sénégalais, qui sont opérationnelles depuis plusieurs années et qui marchent bien (une troisième est en voie d’être ouverte) : sauf que le nerf de la guerre n’est pas toujours au rendez-vous et les bailleurs n’y voient pas une priorité.

Je ne puis m’attarder sur ces expériences qui marchent plutôt bien globalement, mais force est de souligner d’une part le caractère sous régional, donc international, de leurs recrutements ainsi que leur diversité sociologique où se retrouvent nombre de fonctionnaires, notamment des militaires, et d’autre part un très grand nombre de postulants pour les intégrer. Eux aussi croulent sous les dossiers !

Il y a donc une demande interne dans certains pays, et faute de moyens nous n’avons pu honorer d’autres propositions. Là encore nos formations peuvent associer leurs (faibles) forces. Enfin, la mise en réseau des étudiants de ces formations partenaires en est un corolaire indispensable et logique. Les associations d’étudiants qui devraient en être le fer de lance ne sont pas toujours très efficaces, leurs membres devant faire face à des obligations bien compréhensibles, mais des contacts se nouent, souvent très fructueux au plan intellectuel.

A cet égard deux initiatives récentes  méritent d’être rapportées car elles me semblent vraiment exemplaires et devraient être renouvelées et développées. La première à l’initiative d’Henri Rouillé d’Orfeuil à l’occasion de l’anniversaire des indépendances africaines où nos Masters franciliens se sont retrouvés, avec ceux de Dschang et de Yaoundé (Cameroun) et de Dakar pour dire leurs conceptions de la coopération, par visioconférence avec le soutien de l’AUF et la participation de RFI. Cette première, me semble-t-il, fût d’une grande richesse et eu un fort impact auprès des étudiants des Masters africains. La seconde, à l’initiative d’une étudiante d’Evry, Marie Anne Etoundi, à l’occasion du Forum Social de Dakar : là encore eurent lieu de riches échanges non seulement Nord-Sud mais aussi Sud-Sud. Et le soutien de l’AUF fût encore ici très précieux. D’autres Masters, dont Sciences po je crois, prirent des initiatives analogues.

De telles expériences mériteraient d’être institutionnalisées et faire l’objet de soutiens. Je garde en mémoire les échanges entre étudiants africains poursuivant leur formation à Evry et étudiants des Masters africains : ce fût un vrai débat Sud-Sud d’un genre un peu particulier riches aux enseignements inattendus, où les clivages et désaccords fructueux firent voler en éclat les idées simplistes sur l’inter-culturalité et les fractures culturelles Nord-Sud ! Nous devons, me semble-t-il être très attentifs à ces débats qui devraient (et sans doute le sont-ils) alimenter nos formations.

Désoccidentaliser ?

Ces considérations devraient m’amener à discuter la thèse d’une nécessaire « désoccidentalisation » chère à Pierre Micheletti, défendue par lui dans le champ humanitaire mais qui pourrait s’étendre à d’autres champs. J’y reviendrai dans une autre contribution à Grotius.fr, mais j’aimerais dire ici qu’une telle thèse, qui a ses mérites et se nourrit d’arguments souvent forts et pertinents, doit être maniée avec beaucoup de précaution et ce au moins pour deux raisons. D’une part parce que la notion d’Occident est on ne peut plus floue, et d’autre part parce qu’elle ne correspond pas aux demandes de formation, ici et ailleurs, des étudiants concernés.

Critiquer les formes actuelles des interventions humanitaires et des conceptions régnantes, au moins jusqu’à une date récente, car il y a des innovations prometteuses, de l’Aide au développement (ou à tout autre champ) est une chose, promouvoir des formes et conceptions alternatives est sans aucun doute une exigence, mais je ne suis pas sûr que l’idée d’une « désoccidentalisation » soit adéquate pour penser cela et s’engager dans de nouvelles voies. En tout cas cela ne correspond pas aux demandes des étudiants du Sud, qu’ils soient dans des Masters français ou dans ceux avec lesquels nous coopérons au Sud. Ni à la culture commune qui s’exprime et s’élabore dans ces Masters.

Et c’est encore plus net quand on y enseigne, ce que nous faisons mon collègue et moi depuis des années, ou quand on participe à des débats et des forums.

Ce qui est mis en cause ce sont certains aspects « culturels », économico et politico-culturels de pratiques longtemps dominantes et encore hégémoniques, dans les ONG et les OIG en particulier, les dépendances financières qui traduisent des rapports de domination, et bien sûr les rapports de subalternisation dans les fonctions et les responsabilités, pour ne pas parler des salaires ou des rutilants moyens logistiques, avatars(et reproduction) de la domination, des locaux employés dans les ONG par exemple. En outre c’est faire fi du bouillonnement associatif qui a plus d’un point commun avec ce que nous connaissons ici, et cela se vérifie aussi dans le secteur de la coopération décentralisée. Cela étant dit, je ne récuse pas en bloc la thèse de Pierre, et il n’est pas impossible que nos expériences différentes, lui dans l’humanitaire moi dans la formation, expliquent certaines de nos divergences. Sans compter qu’il se peut que je ne l’ai pas bien compris.

En tout cas je ne doute pas qu’un tel débat doive être mené, qui pourrait aussi s’appuyer sur les enseignements des formations dont il est ici question, mais également sur les demandes de nos partenaires du Sud et sur leurs expériences dans le secteur associatif notamment. Des surprises assez déroutantes nous y attendent.

Il faut donc tenir compte de ce qui émerge, s’exprime et se formalise chez les acteurs du Sud, et au sein même de nos formations. Ce qui ne signifie évidemment pas, on l’aura compris, que des différences et spécificités culturelles n’existent pas et qu’elles ne doivent pas être au cœur des actions de coopération et de solidarité, de même qu’il s’agit de répondre à des besoins qui font l’objet de demandes et qui requièrent des pratiques qui les intègrent comme vecteurs structurant des projets. Mais outre que cette notion de culture doit être maniée avec beaucoup de prudence, les réalités socioculturelles étant complexes et dynamiques, et les acteurs partenaires s’inscrivant eux-mêmes dans des logiques, souvent sociopolitiques, tout aussi complexes, il faut être attentifs, au sein même de nos formations, à ce qui s’invente de nouvelles pratiques qui transforment quotidiennement les données des actions qui sont menées.

Et sur ce plan nos étudiants étrangers ici, les étudiants que nous rencontrons dans les formations où nous enseignons là-bas, non seulement nous en apprennent beaucoup, mais ils sont aussi des acteurs qui transforment à la fois les cultures sociales de leurs propres pays et les idées que nous pouvons nous faire de la coopération et de la solidarité.

Tout cela n’est que très sommairement, et cavalièrement, survolé, pour ainsi dire encore une fois à l’emporte-pièce, mais j’aimerais maintenant aborder en quelques mots les stages : qui sont à vrai dire directement liés aux questions que je viens d’évoquer. Car la meilleure manière de prendre conscience et de traiter ces questions, parmi beaucoup d’autres, c’est encore d’aller y voir et d’y travailler plusieurs mois. Soit dans des structures du Nord qui interviennent, sous une forme ou sous une autre, au Sud, soit dans une structure du Sud. Et de se confronter aux cultures professionnelles du Sud, de même qu’aux culturelles professionnelles des structures du Nord misent en œuvre dans les projets qu’elles mènent. Tout cela est riche d’enseignements, comme en témoignent les Mémoires et les soutenances.

La “face à face” étudiants-ONG

Je me limiterai ici à deux problèmes. Le premier tient aux stages à l’étranger que nous tentons de faciliter par nos contacts et partenariats informels, comme j’imagine que cela se fait dans d’autres Masters, mais il est aussi à souligner l’extraordinaire débrouillardise des étudiants qui trouvent ces stages par eux-mêmes. Une enquête sur la géographie des stages et une typologie des structures mériterait d’être effectuée systématiquement et comparativement entre nos Masters.

En gros la moitié de ces étudiants partent, et cela concerne aussi les M1 (dans une moindre mesure). Le problème en l’occurrence est celui du coût, notamment du voyage mais aussi du logement et de la nourriture sur place, car ces stages ne sont pas rémunérés même s’il existe des compensations : les situations sont très diverses. Il existe bien des aides universitaires à la mobilité, notamment par le biais de subventions des collectivités, mais elles sont loin d’être suffisantes en nombre et en montant. Autant dire que la majorité des étudiants s’autofinance.

C’est un chantier sur lequel il faudrait travailler. Concernant les structures françaises (Associations, ONG, Collectivités territoriales, je laisse de côté les OIG où certains parviennent à s’immiscer), les missions à l’étranger sont évidemment financées.

Par contre nous rencontrons un autre type de problème : la concurrence des étudiants des différents Masters et le mode de fonctionnement des ONG. Et notamment des plus grosses. Nous y arrivons bon an mal an, et notamment avec celles qui interviennent dans le Master, mais il reste que c’est là que nous rencontrons le plus de difficultés. Et je pense qu’un vrai débat devrait s’instaurer entre ces organisations et nous. D’une part au plan des modes de recrutement et de leurs critères, mais aussi sur celui des professionnalités requises. Sauf erreur de ma part, il ne semble pas que nos Masters, en tout cas ceux que je connais, y soient en consonance: je veux dire qu’elles y voient les viviers de leurs futurs professionnels, ce qui est pour le moins paradoxal. On a parfois l’impression, mais ce n’est pas une généralité et cela dépend des spécificités de ces Masters, de deux mondes parallèles. Mais il est vrai, aussi, qu’elles reçoivent une masse de demandes, où nous retrouvons, en aval de l’idéalisme utopique la dure réalité prosaïque d’un marché du travail et de ses logiques qui ne diffèrent pas grandement du monde entrepreneurial et de ses modes de management.

Qu’on me comprenne bien, il ne s’agit pas d’une critique perfide et malveillante, et je comprends tout à fait les contraintes auxquelles elles doivent faire face. Mais le problème existe, et il engage de part et d’autres la question de la professionnalisation des étudiants autant que celle de la professionnalité des ONG.

C’est pourquoi il me paraitrait souhaitable qu’un travail en commun puisse être engagé sur la professionnalisation, des études sur les métiers, fonctions et compétences menées, de nouveaux partenariats instaurés, et le Colloque que j’ai suggéré plus haut pourrait y contribuer. De même qu’il me paraitrait souhaitable que nos Masters ne soient pas seulement évalués par l’AERES ministérielle mais aussi par ces ONG (et autres structures naturellement). Précisons toutefois que les retours que nous avons des stages, et les appréciations des intervenants de ces ONG dans la formation, sont plutôt positifs. Mais c’est un travail de recherche plus approfondi et plus systématique, plus qualitatif aussi, qui devrait être à mon avis envisagé en commun. Nous pourrions y mettre à contribution nos laboratoires.

Il est à noter que nous ne rencontrons pas les mêmes difficultés avec les Collectivités territoriales, de plus en plus engagées dans la coopération décentralisée : il semblerait qu’elles soient plus ouvertes et faciles d’accès, moins sujettes à la concurrence. Peut-être aussi moins sollicitées, car nombre d’étudiants cèdent spontanément au prestige médiatisé des « grandes ONG » et des OIG. De même que ces dernières semblent elles-mêmes plus enclines à s’attacher, outre des compétences strictement disciplinaires, du droit au marketing en passant par beaucoup d’autres et cela peut se justifier, des diplômés de « grandes écoles ». Je grossis sans doute un peu le trait, mais il ne serait pas inintéressant d’aller y voir de plus près ensemble : une sociologie des professionnels de ces structures et de leurs politiques de recrutement s’impose à l’évidence. Quant aux petites structures associatives, elles sont, par la force des choses, moins dotées en moyens et compétences, et plutôt demandeuses : mais les perspectives d’emploi y sont évidemment moindres, fonctionnant le plus souvent sur le mode du bénévolat. Mais le type de travail que je suggère les concerne tout autant.

Quoiqu’il en soit les stages sont les moments de vérité de la professionnalisation. D’une part parce qu’il est une mise à l’épreuve des savoirs et compétences acquis en présentiel, mais aussi parce qu’un stage n’est jamais un simple stage d’application. Il s’y apprend d’autres connaissances et savoir-faire qu’on ne peut acquérir en présentiel. A vrai dire il n’y a pas de coupure ni de rupture à proprement parler en raison des interventions des professionnels dans les formations et des projets qu’ils y travaillent avec les étudiants.

Mais s’immerger au quotidien dans des équipes de professionnels pour mener, ou contribuer à mener, concevoir et évaluer, des projets bien réels est une toute autre affaire. On entre ici, à proprement parler dans l’apprentissage. Ce qui pose bien entendu des problèmes d’encadrement et de suivi. Mais encore deux ou trois autres problèmes que j’aimerais rapidement évoquer. Et tout d’abord celui du rendu écrit qui doit faire l’objet d’une soutenance : Rapport ou Mémoire ?

L’exercice intellectuel n’est pas le même dans un parcours de professionnalisation. Ce peut être aussi l’objet d’un débat de fond au-delà des questions terminologiques. Il est tout aussi important d’associer plus étroitement les tuteurs professionnels non seulement à l’évaluation des étudiants, par leur présence aux jurys, mais aussi à celle de la formation que les étudiants ont suivie, j’y faisais allusion plus haut. A cet égard, pour les étudiants qui partent à l’étranger soit dans des structures locales soit par le biais d’associations, d’ONG ou de Collectivités, voire d’OIG, la présence dans les jurys ou les retours écrits de tuteurs ou de partenaires étrangers serait à développer (ou à instaurer , selon les cas).

Il y a là une grande richesse d’enseignements pour nos formations, et pas seulement pour l’évaluation des étudiants. Disposer des critères d’évaluation des partenaires et des bénéficiaires me parait encore un apport indispensable à nos formations. Notamment concernant l’identification des besoins, la pertinence des réponses aux demandes, celle des comportements et des pratiques mises en œuvre, des formes de coopération pour la conception et la conduite des projets, des compétences attendues et mobilisées et jusqu’aux langages usités.

Dans quelle mesure cela se fait-il et comment développer ces échanges ? Débattre de bonnes pratiques, et des ratés, serait ici souhaitable et fructueux. Et à cet égard, la sollicitation de professionnels étrangers dans nos formations devrait-être à notre sens un de nos principes, voire une de nos priorités, pédagogiques. Mais avec quels moyens ? La mutualisation des invitations pourrait être une piste, de même que celle des réseaux pour se tenir informés des professionnels en mission. Ce pour quoi les ONG, tout particulièrement, pourraient jouer un rôle important.

Conclusion

J’aimerais enfin évoquer très brièvement une question qui me taraude, c’est celle des finalités de nos formations et des langages que nous y tenons pour dire ce que nous faisons.  J’y ai fait allusion en commençant. Parler de finalités, c’est mettre en jeu des valeurs et des idéaux, et c’est tout autre chose que de se fixer des objectifs et de concevoir des projets : c’est leur raison d’être et leur horizon de sens qui est en jeu ici, et qui rétroagit sur la configuration des projets, la détermination des objectifs et les pratiques préconisées. Et à cet égard, les langages structurent et véhiculent, c’est bien connu, toutes sortes de préjugés et de représentations hérités dont les effets pervers sont notables.

J’en ai pointé quelques termes, auquel il faudrait ajouter en tout premier lieu celui de « terrain », summum de la réification de l’autre ! En tout cas il y a là tout un champ de recherches à mener, et pas seulement entre nous : mais précisément aussi avec nos partenaires et les bénéficiaires des actions pour lesquelles nous nous essayons à professionnaliser nos étudiants. Les enjeux de formation sont aussi des enjeux de significations et partant des enjeux éthiques.

Je n’ai fait ici qu’envisager quelques questions vues du Master dont je m’occupe avec André Mvogo, et quelques-uns des problèmes que nous rencontrons : bien d’autres pourraient et devraient être mises en débat. Les notes qui précédent voudraient seulement l’impulser, et Grotius.fr, qui lance un nouveau projet en direction des étudiants (visioconférences, bourses d’excellence post-Master…), me parait le lieu médiatique et médiateur pour que s’instaure ce débat. Il y est déjà prévu un blog où pourraient s’exprimer, échanger et débattre les étudiants des Masters concernés (ou de toute autre formation analogue), français et étrangers ; de même qu’ils y sont invités à produire des textes de retour de stages.

Rien interdit que ceux et celles qui ont en responsabilité ces Masters ou qui y interviennent, comme enseignants-chercheurs et professionnels (voire les deux) engagent ce débat souhaitable, et que des représentants d’ONG, de Collectivités, d’associations, d’institutions et d’organisations internationales qui s’intéressent à ces questions y participent également. Français et étrangers bien entendu, pour que se développe sur ces questions ce dialogue international dont, me semble-t-il, nous avons tant besoin. En tout cas pour notre part. C’est du moins le souhait que j’aimerais formuler pout finir en réitérant mon appel à la constitution d’un noyau organisateur d’un Colloque sur la formation et la professionnalisation dans les champs de la coopération et de la solidarité internationale.

 

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