Facebook : des communautés à l’appui des ONG

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Par Isabelle Léon

1989… Etudiant au CERN (organisation européenne pour la recherche nucléaire), Tim Berners-Lee invente le World Wide Web, avec deux objectifs : que le “www” soit accessible au plus grand nombre et qu’il constitue un puissant moyen de coopération. Aujourd’hui, 20 ans plus tard, son pari est tenu, dépassant toutes les espérances : plus de 1,1 milliard de personnes à travers le monde ont accès au plus grand réseau reliant les hommes*. Au début des années 2 000, l’émergence des techniques dites «2.0» qui favorisent l’interactivité constitue une étape fondamentale dans la constitution de communautés. Les schémas classiques de communication «émetteur/message/récepteur» volent en éclat, transformant le récepteur, longtemps passif, en véritable émetteur…

Aujourd’hui, Les ONG ne sont plus les seules à se battre pour leurs idées, à dénoncer, à agir, à récolter de l’argent pour soutenir leurs programmes. Grâce au développement des réseaux sociaux tels que Facebook, celles-ci peuvent désormais s’appuyer sur des individus, donateurs ou simples sympathisants, qui démultiplient les messages et relaient le combat des ONG auprès de leur propre communauté : amis, entourage, ou simple inconnu ayant les mêmes affinités.

N°1 du «networking» (le réseautage), avec plus de 200 millions de membres dans le monde, dont 6 millions en France, Facebook représente une perspective prometteuse pour toute organisation ayant envie de faire passer ses messages et de convaincre. Les membres y sont jeunes, plutôt urbains, et représentent ainsi une cible d’avenir pour toute ONG cherchant à rajeunir ses sympathisants.

Plus de cinq cents groupes sont ainsi ouverts sur Facebook sous la rubrique «Organisation sans but lucratif». Les ONG les plus importantes y côtoient les plus petits mouvements, des ONG émanant de tous les pays sont représentées, tous les combats peuvent y trouver un écho intéressant.

La « Fondation WWF » est une des organisations les plus active, avec plus de quatre-vingt groupes constitués, regroupant entre 2 personnes à 168 000 personnes ; trois groupes «Aide et Action» (de 60 à 278 membres) échangent régulièrement sur leurs expériences de parrainages ; «Handicap International» compte treize groupes (de 5 à 1975 membres) ; La lutte contre le cancer, compte plus de 800 000 membres ; « AidDarfur » 400000 membres**…

Mais que peut-on attendre, concrètement, de ses réseaux ? Un nouvel Eldorado pour le “fundraising” ? Une alternative aux coûteuses campagnes de recrutement via le marketing direct ? Pas si simple.

Les membres de la communauté, sont des « amis » qui ont répondu à la sollicitation d’autres « amis » les invitant à rejoindre cette communauté. Le clic, rapide et instinctif, est le sésame pour entrer dans le groupe. Mais que penser de l’engagement d’un «ami Facebook » ? Ces communautés sont constituées de membres très hétérogènes par rapport à l’engagement. A contrario, l’acte de don nécessite un parcours plus long, plus réfléchi.

Toutefois, si Facebook n’est pas le nouvel Eldorado de «fundraising» des ONG, il constitue une arme indispensable à toute ONG souhaitant mettre en place des actions de lobbying.

En effet, au moment choisi par l’ONG, cette communauté pourra être activée pour signer une pétition en ligne, informer la communauté sur un événement mis en place par l’association, les tenir informés du lancement d’un programme, participer à un forum de discussion sur un sujet d’actualité, réaliser des sondages d’opinion, des mini-enquêtes ou encore, communiquer à moindre coût, via des «flyers», mini «skyscrapers» (en français des bannières virtuelles) à réaliser en moins de deux minutes.

Les membres de la communauté constituent donc «une armée latente» qui pourra, à tout moment être activée de manière massive par l’ONG en cas de besoin : urgence lors d’une crise humanitaire, ou encore appui lors des actions de lobbying. Démontrer que la cause que l’on défend regroupe des milliers de sympathisants peut constituer un poids indéniable dans des négociations…

Par ailleurs, chaque membre joue un rôle actif, celui de faire «grossir» la communauté, grâce à ses propres amis et connaissances. Atout supplémentaire : la création d’une communauté sur Facebook permet d’améliorer le référencement. En effet, une partie des informations saisies sur Facebook est indexée sur Google. Le référencement du site web de l’ONG est donc naturellement amélioré.

Isabelle Léon est responsable Relations Presse – Relations Publiques, vice-présidente de l’association ABC d’Ailleurs et membre du conseil d’Administration de l’association Solidarcité.

* Selon l’institut d’étude Jupiter Resarch

** Données recueillies sur Facebook en avril 2009

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