Le cas de deux jeunes maliens volontaires : expériences et enseignements

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Maurepas (France)… Deux volontaires – Assetou Doukara de Bamako et Clément Dakouo de Ségou, ont quitté le département des Yvelines début mars pour le Mali avec l’association Action Mopti et ce pour y terminer leur mission, après un parcours en France plutôt chargé. Assetou a rejoint sa structure d’attache et doit terminer parallèlement son Master en communication d’entreprise et de publicité. Clément qui, lui, a une formation d’administration en action sociale doit continuer sur sa lancée : «je suis appelé à travailler dans l’humanitaire, c’est un engagement».

Quel est le plus du volontariat international en France ?

La première observation d’Assetou concerne d’abord l’intérêt pédagogique : « les interventions dans des structures du réseau Action Mopti auront permis d‘articuler la théorie et la pratique. Les formations ici en France sont une aide. Moi qui suis dans l’esprit du secteur privé, je découvre le secteur associatif, les ONG, les collectivités. J’ai vu des services de communication dans les structures où nous passions et je suis arrivée à faire un lien avec les études ». Clément est un travailleur social et continuera de travailler dans le domaine éducatif.

 Des interventions variées dans les structures du réseau d’Action Mopti dans les Yvelines

« Nous sommes passés par exemple à la Mairie de Maurepas, à l’Association de Formation et d’Insertion des Jeunes (AFIJ), à la médiathèque de Guyancourt ». Assetou et Clément ont eu un planning riche en tâches et conforme aux missions de l’association et des structures qui les accueillaient. Toujours affectés en même temps, ils ont eu chacun des objectifs différents en rapport avec leur profil professionnel et la mission qu’ils ont à effectuer maintenant au Mali. « En France, on met l’accent sur les activités. A l’Alliance franco-malienne de Mopti, qui est dans le réseau de l’Alliance française, je dois m’occuper de la coordination pédagogique, de l’animation culturelle, animer toute la structure qui a été créée il y a trois ans. Il est important d’entretenir l’image de la structure. Je dois être salariée et avoir un rôle de cadre ».

De son côté, Clément continue de travailler avec Action Mopti au Mali, qui là-bas vient en appui aux élus locaux. Il s’implique plus particulièrement dans le secteur de l’éducation, de l’alphabétisation et de la formation comme animateur « surtout sur le volet PALM, le Programme d’Appui Lecture Mopti. La lecture n’est pas naturelle dans notre culture. Il faut inciter les enfants à lire et à avoir le plaisir de lire, et stimuler les débutants ou ceux qui avaient abandonné leur scolarité ». Clément a bénéficié de la méthodologie de l’enseignement du Français Langue Étrangère (FLE) en rapport avec son profil :«intervenir à la médiathèque de Guyancourt a permis de travailler sur l’organisation, le fonctionnement et les techniques d’animation, notamment celles qui consistent à attirer le public».

 Le volontaire se sent aussi un représentant de son pays

« Nous avons un rôle d’ambassadeurs. Parfois, nous avons peur de ne pas pouvoir répondre à certaines questions. On parle du Mali partout, et nous sommes des ambassadeurs tout le temps. Nous nous sentons encore plus maliens. C’est assez fort ». Ce rôle d’ambassadeurs s’est nettement concrétisé lors d’animations d’Éducation au Développement (EAD), lors de visites dans des lycées pour expliquer le domaine de la Solidarité Internationale, leur mission en France, et raconter leur pays. « Les élèves s’intéressent aux conditions de vie, aux conditions de scolarité, au fait qu’il y ait de nombreux élèves par classe. Cela suscite un intérêt pour le Mali, ils recherchent des point de comparaison avec leur vie ». Les deux volontaires ont eu à répondre à des questions auxquelles ils n’étaient pas préparés, raconte Assetou : « nous étions obligés de chercher plus d’infos sur le Mali. On ne s’attendait pas à ça. C’est une sorte d’étape supplémentaire dans la citoyenneté, je me rends compte de certaines valeurs culturelles au Mali dont j’ai pris conscience en sortant du pays ».

 Le volontariat est une pratique nouvelle au Mali et les premiers à rassurer sont les parents

Pour la nouvelle génération, qui manque de perspectives, le volontariat est une forme rassurante et indemnisée de l’engagement, où la mission oscille entre complément de formation et mise en oeuvre de compétences. Le séjour à l’étranger est une perspective intéressante et ce qui ne l’est pas moins, c’est un contrat au retour. Mais avant de partir, il faut convaincre les parents, qui sont réticents à l’idée de laisser partir leurs fils et fille aussi loin: « Au Mali, j’étais volontaire dans une autre région, à Mopti, distante de 600 km, mais parents ne s’étaient pas opposés à cet éloignement. Mais la mission en France, c’était une autre dimension: « tu vas loin, tu vas être seule longtemps ». Ils ne comprenaient pas le concept du volontariat. Il m’a fallu un peu de temps pour expliquer. Néanmoins, on ne me l’a pas interdit. Le plus inquiet était mon père, ma mère m’a encouragé ». Bien sûr, pour Clément la perspective d’une mission valorisante en France s’ajoutait à son parcours, et de plus, c’est un jeune homme : « Mes parents étaient un peu inquiets. Mais ce n’était pas la première fois que je partais dans le cadre d’un stage ».

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