Occurrence des risques et vulnérabilité des populations
Si les conflits armés internationaux et intra-étatiques ont tenu le devant de la scène au cours des dernières décennies, la fin des années 90 et la première décennie du XXIème siècle ont été fortement marquées par des catastrophes naturelles de grande ampleur, une augmentation des incidents technologiques ainsi que par l’émergence de nouvelles dynamiques pandémiques.
• Les cinq dernières années ont vu se multiplier des phénomènes catastrophiques majeurs: Tsunami en Asie du Sud, tremblements de terre au Pakistan, en Indonésie, en Haïti, au Chili et en Chine, inondations au Pakistan, en Chine, en Europe, sécheresses au Sahel, en Chine, dans la Fédération de Russie, cyclones aux Etats-unis, aux Philippines, dans les Caraïbes,etc.
• Une prise de conscience collective commence à se développer sur les risques sanitaires, a la fois avec l’émergence de nouvelles pandémies et le retour de maladies anciennes que l’on espérait sous contrôle, mais qui réapparaissent avec une force et une résistance accrue aux traitements connus (tuberculoses multi-résistantes, etc.).
• L’aggravation des risques avec la croissance démographique et la densification des populations et infrastructures sensibles1 (technologiques, industrielles) dans des zones a haut risque occupe une part de plus en plus importante dans l’analyse et le suivi des risques au sein des pays développés autant que de ceux en développement.
Enfin, les interactions entre les facteurs de risques naturels, technologiques et sanitaires créent des contextes dans lesquels les expositions aux risques prennent des formes alarmantes avec l’émergence de synergies multirisques de plus en plus complexes. Ces évènements «catastrophiques», qui ne dérivent pas d’une volonté de nuire d’un Etat ou d’un groupe à visées politiques, sont définis ici comme «risques non intentionnels».
Si cette tendance se confirme, des centaines de milliers de vies seront perdues chaque année, tandis que le coût de ces catastrophes va dépasser les 300 milliards de dollars US/par an.
Si les efforts de la communauté internationale tant en termes de préparation que de réponse aux désastres font que la létalité des catastrophes tend à diminuer, leur impact sur le développement est lui grandissant. Les dégâts sur les infrastructures résultant des tremblements de terre récents -Bam en Iran (2003), Kashmir au Pakistan (2005), Yogyakarta (2006) et Pedang (2009) en Indonésie, Port-au-Prince en Haïti (2010)- ou des grandes inondations (Inde, Pakistan, Bangladesh, Europe de l’est) sont gigantesques et représentent des pertes considérables.
