Au Soudan : le fugitif Omar El Béchir a été «démocratiquement» élu…

0
bechir

C’est une grande première… Un président recherché par la justice internationale a été élu à la tête de son pays. Élection reconnue par la communauté internationale et critiquée à peine du bout des lèvres… Cette communauté internationale – Washington, Londres, Paris, a certes pointé quelques faiblesses dans le déroulement du scrutin mais elle n’a pas tardé à reconnaître le président élu.

L’Union africaine, de son côté, n’a pas à proprement parler donner un blanc seing à Khartoum. L’U.A a semblé dire – avec un réalisme inhabituel, que si une telle élection se déroulait ainsi dans d’autres pays, ce ne serait qu’avancée démocratique… au regard des contingences politico-structurelles du pays…

Bref, comme à l’école : «c’est bien mais peut mieux faire»… Aujourd’hui, tout le monde avale la couleuvre et prend acte… sauf le Procureur de la Cour Pénale internationale. Omar El Béchir peut aujourd’hui fanfaronner ! Et faire un pied de nez à la CPI et donner le coup de pied de l’âne à Luis Moreno-Ocampo. Rappelons l’essentiel : le président soudanais est poursuivi pour crime de guerre et crime contre l’humanité au Darfour. Ce n’est pas rien. Nous sommes même là dans l’inadmissible.

Pourtant Omar El Béchir a encore des amis et continuera de voyager. Les amis, ce sont d’abord la grande majorité des présidents africains et d’autres, certains grands pays occidentaux… par intérêt. Cela fait beaucoup de monde.

Le «syndicat des présidents africains» se serre les coudes, un syndicat comme on parlait du syndicat du crime en d’autres temps. Un syndicat qui vieillit mal. Balayons d’une main le reproche fait à la CPI d’être une justice au service du Blanc contre le Noir. Certaines élites africaines «surfent» sur de tels arguments, caressant dans le sens du poil une opinion continentale qui légitimement a de la rancoeur à l’égard des anciennes puissances coloniales. Mais cet argument – on l’a compris, n’est pas à l’honneur de ceux qui l’emploient.

Les démocrates africains qui espéraient en Barack Obama en sont pour leurs frais. Les Américains ont besoin d’Omar El Béchir : pour la lutte contre le terrorisme international et pour l’application de l’accord de paix de 2005 qui prévoit la tenue d’un référendum sur l’indépendance au Sud-Soudan… A peine élu Omar el-Béchir a affirmé qu’il organiserait ce référendum à la date prévue et qu’il agirait pour ramener la paix au Darfour.

Qui pourrait croire les promesses d’Omar el-Béchir ? Les promesses ne tiennent que ceux qui y croient. Aujourd’hui personne ne croit vraiment en la parole d’Omar El Béchir. Comme lui, tout le monde fait semblant.