Mieux informer sur les migrations

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Migration : ce mot s’impose constamment à l’agenda de l’information. Mais ce mot est aussi un attrape-tout dans lequel se bousculent les réfugiés et les demandeurs d’asile, les expatriés et les sans-papiers, les braceros et les clandestinos.

 

Il est un caravansérail où se mélangent les débats sur l’identité, les controverses sur les religions ou encore les indignations sur les expulsions de populations piégées dans les conflits et les guerres. Il se situe souvent au carrefour des rêves et des tragédies du monde. Comme un reflet de ses espoirs et de ses échanges, de ses brutalités et de ses inégalités. La presse couvre intensément ce phénomène, dans toutes ses rubriques, mais elle est aussi très souvent accusée d’exagérations, d’approximations, voire de bavures et de dérives.

L’idée d’un manuel (1) n’est pas née du constat des fautes et des imperfections des médias, mais de la volonté de mieux couvrir cet enjeu essentiel, telle qu’elle s’est exprimée lors de plusieurs rencontres, organisées à l’initiative de l’Institut Panos Paris, entre des journalistes, des chercheurs et des responsables d’associations, venus d’Afrique sub-saharienne, du Maghreb et d’ Europe.

Il n’a donc pas été conçu pour donner des leçons mais pour tirer des leçons de la couverture journalistique des migrations. Même s’il tient compte des critiques énoncées par les observatoires du récit médiatique, il n’est pas une énième dénonciation des médias, mais bien une présentation de principes et de pratiques professionnels qui devraient permettre de traiter ce sujet dans toute sa complexité et toute sa diversité.

Le manuel présente les multiples acteurs du dossier « migration » et les textes de référence internationaux, notamment en matière de droits humains. Il rappelle comment les codes de déontologie s’appliquent tout particulièrement aux questions soulevées par le phénomène migratoire. Il insiste sur la nécessité de couvrir ce sujet dans sa globalité. Il plaide aussi pour un journalisme qui soit à la fois attaché à sa liberté de dire, sans peur ni faveur, mais aussi à sa responsabilité d’humanité.

Plus concrètement, il suggère des dizaines de pistes et fournit des centaines de sources d’information et d’analyse pour améliorer le traitement de sujets aussi divers que les femmes migrantes, les transferts financiers vers les pays d’origine ou le trafic d’êtres humains.

Par les liens et les notes bibliographiques qu’il suggère, il vise surtout à promouvoir une forme proactive du journalisme qui, au lieu de réagir aux stimuli immédiats de l’actualité, retrouve les routes du grand reportage et les pistes de l’enquête de fond et de l’explication. Une forme de journalisme qui respecte à la fois les personnes dont il parle et celles auxquelles il s’adresse.

(1) «Mieux informer sur les migrations» est un manuel rédigé sous la direction et par Jean-Paul Marthoz, en collaboration avec plusieurs journalistes ayant participé à des formations organisées par l’Institut Panos Paris sur la thématique: «approches médiatiques et questions migratoires». Ce manuel est une publication IPP.

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